OS Sixième

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Plaisirs de Noël.



Le vent soufflait fort à l'extérieur, quelques petits flocons venaient doucement virevolter et se poser sur le bonnet noir de Tom, fondant presque instantanément sur la matière laineuse. Ses pas faisaient craquer la neige sous ses pieds et il se surprit presque à sourire en oubliant à quel point il pouvait avoir froid. Il enfonça un peu sa tête entre ses épaules, cachant le bout de son nez dans son écharpe duveteuse et souffla pour se réchauffer partiellement.

Partout autour de lui commençaient à s'allumer des centaines de petites lumières, certaines en forme de Père Noël, d'autres des sapins ou encore des petits cadeaux superposés. Tom avait toujours aimé ces illuminations à cette période de l'année. Ses yeux scintillaient tandis qu'il continuait son chemin.

Il arriva finalement dans sa rue, soudain tout lui parut moins féérique et magique. Un lampadaire clignotait de façon lugubre, presque, et les quelques guirlandes suspendues sur les fils électriques ne fonctionnaient qu'à moitié. Néanmoins, il tourna la tête et put admirer, comme chaque année, que son voisin avait décoré son jardin. C'était un gentil vieil homme qui vivait avec sa femme et il recréait toujours un petit monde sur leur pelouse et tout autour de leur grande maison grâce à une multitude de guirlandes lumineuses principalement blanches.

Tom se souvenait que plus jeune, il collait toujours son nez à la fenêtre de sa chambre, créant un petit cercle de bué tout autour, pour regarder ce monde qui s'animait de milliers de lumières et que très souvent Simone venait lui dire d'aller se coucher, ou il pouvait rester derrière cette vitre pendant des heures.

Il s'avança dans l'allée qui menait à sa modeste mais jolie maison. Contrairement à son voisin il n'y avait qu'une couronne sur la porte de bois et un bouquet de gui juste au dessus de sa tête. Il esquissa un semblant de sourire et appuya sur la poignée gelée.

« Tom, » la voix de sa mère s'éleva de la cuisine. « Est-ce que c'est toi ? »

« Oui maman. » Il retira son épaisse doudoune et son bonnet avant de secouer sa tête pour libérer les petits flocons qui pouvaient s'être installés sur ses fines tresses noires.

Il prit un paquet de papier kraft et brun en main et rejoignit sa mère dans la cuisine. Il déposa un petit baisé froid sur sa joue rougie.

« Ton nez est une sorte de glaçon Tom, » dit Simone tandis qu'elle remuait avec sa cuillère en bois un plat qui mijotait sur la gazinière. « Est-ce que tu as trouvé ces chocolats ? »

Tom ouvrit le paquet de course. « Ceux-ci ? »

Il sortit une petite boîte de chocolats pralinés que sa mère affectionnait tant en cette période de Noël. A vrai dire, il n'y avait que pendant ce laps de temps qu'elle arrivait dénicher ces délicieuses sucreries. Elle posa sa cuillère et essuya ses mains sur son vieux tablier. Ses yeux pétillaient comme si son fils avait trouvé la huitième merveille du monde et la lui avait offerte sur un plateau d'argent.

« Magnifique, » souffla-t-elle. Elle s'approcha de son fils, souriant de toutes ses dents.

« Je sais, merci maman. »

Simone rit et secoua la tête. « Bien sûr mon chéri, toi aussi tu l'es. »

Tom lui donna la boîte de chocolat que Simone se retenait de ne pas ouvrir sur le champ et de dévorer une par une les succulentes pralines. Elle se contenta de la mettre en lieu sûr pour ne pas craquer chaque fois qu'elle la verrait, sinon, à se rythme là, Tom allait devoir lui acheter des dizaines de boîtes jusqu'à se ruiner.

« Tu n'as toujours pas sorti le sapin ? »

Un petit sourire forcé apparut sur les lèvres de Simone. « Il n'y aura pas de sapin cette année. »

« Je suis ravi de l'apprendre, » dit Tom ironiquement. Une boule immense c'était formé au creux de son estomac. Lui qui adorait d'habitude Noël voyait les étincelles s'évanouir au fur et à mesure que les jours passaient. « Je vais dans ma chambre. »

Il ne pouvait pas juste croire que sa mère ne voulait définitivement pas faire de sapin de Noël. Tom ne concevait déjà pas que la magie de cette fête avait pratiquement disparu à mesure que les années passaient et que sa famille se détruisait à petit feu. Il avait gardé, et ce chaque année, l'espoir que tout puisse revenir dans l'ordre des choses ; comme elles avaient pu l'être il y a de ça très longtemps, lui semblait-il.

La porte de sa chambre grinça légèrement et il fronça le nez.

Il poussa un petit soupir de contentement en s'étalant comme une masse sur son grand lit moelleux. Il enfonça confortablement son visage dans un des ses oreillers et sourit doucement. La seule personne qui lui manquait pour que tout aille à peu près comme il le désirait était sans doute son frère.

Tom se redressa et attrapa le petit cadre qui était posé sur sa vieille table de chevet. On pouvait voir à travers le verre deux adolescents sourire, se tenant mutuellement par la main, les doigts à demi enlacés et presque cachés derrière leurs jambes. Tom avait toujours considéré Bill comme ce qu'il avait de plus cher au monde et s'il avait pu il aurait été jusqu'à lui décrocher les étoiles.

Cependant, ils avaient du il y a quelques mois se séparer...

Tom sursauta. Son portable sonnait puissamment dans sa poche et il se tortilla pour l'attraper au fond de sa grande poche. Sur l'écran on pouvait voir apparaître « Appel Bill. »

« Oui Bill ? »

« Tooom, » Bill avait presque crié dans le combiné, arrachant un sourire à son frère. « J'ai passé mes exams ! Finis, c'est les vacances ! »

Tom rit en entendant Bill. Son petit frère l'appelait pratiquement tous les jours et ce, plusieurs fois même. Surtout ces derniers temps car Bill stressait beaucoup pour ces examens que pourtant Tom s'acharnait à à le rassurer lui disant qu'il allait les réussir haut la main. « J'suis content pour toi p'tit frère. »

« Mais oui ! Et en plus c'était tout ce que je savais. »

« Tu sais tout Bill, » ajouta Tom. « Tu reviens quand ? »

« Papa veut attendre que la neige parte pour me ramener, tu sais comment il est avec les trains. »

Tom grimaça, cela pouvait donc prendre encore plusieurs jours avant que Bill ne soit finalement à la maison. « On est plus à ça près. »

« J'suis désolé Tommy. Tu m'manques aussi. Tu le sais hein ? »

« Bien sûr Bill, toi aussi tu m'manques. » Tom souffla et se frotta le front en se rallongeant sur son lit.

Il continua à papoter avec Bill de tout et de rien, en fait c'était surtout Bill qui parlait et principalement de rien. Mais Tom l'écoutait toujours, il adorait entendre la voix de Bill, ça l'apaisait. En vérité, ça le détendait si bien qu'il avait finit par s'endormir, un petit sourire satisfait sur le bout des lèvres.

« Dors bien Tommy, » la voix de Bill s'éleva doucement dans le combiné qui était tombé juste à côté de l'oreille de Tom. « Je t'aime. »

Puis le petit écran finit par s'éteindre, sous le bruit du ronflement de Tom.


**


Dehors, la neige était encore tombée et une couche de vingt centimètres recouvrait le béton d'ordinaire gris. Tom souffla de mécontentement et tira brusquement le rideau. Cela faisait déjà deux jours qu'il attendait Bill et si le temps continuait à faire des siennes, ce n'était pas encore demain qu'il allait retrouver son petit frère.

Le seul moyen que Tom avait trouvé pour tuer le temps était de gratter un peu sur sa vieille guitare. Il n'y avait plus touché depuis ses dix-huit ans. Ses doigts s'étaient tout de même rapidement réhabitués mais ce n'étais pas comme quand Bill chantait avec lui lorsqu'ils avaient quatorze ans. C'était comme s'il n'y avait pas de flamme sans Bill, néanmoins, Tom continuait à faire grincer quelques cordes.

« Putain de bonnes vacances Tom, » grinça-t-il entre ses dents serrées.

Il était frustré et à la fois déçu ; parce que son frère n'était pas là bien sûr, mais aussi parce que le sapin ne trônait pas fièrement juste à côté de la cheminée dont les crépitements résonnaient dans la pièce avec les notes de musiques douces. C'était l'année où la période de Noël était la moins gaie, conclut Tom.

« Mon chéri, » appela Simone depuis l'entrée. « Est-ce que tu peux venir m'aider ? »

Le tressé se leva et déposa délicatement son instrument de bois sur le canapé du salon.

« Quoi ? » demanda-t-il en arrivant dans le petit vestibule.

La porte était largement ouverte et Tom frissonna, sur sa peau nue apparaissait des multitudes de petits points et ses fins poils châtains se dressaient.

Simone apparut dans l'encadrement tout sourire. « Il y a une course trop lourde dans la voiture, tu viens ? »

Tom hocha la tête. Il enfila au hasard une veste et des chaussures. Ses pieds s'enfonçait dans la neige, il râla. Il avait si chaud à l'intérieur devant la cheminée. Mais, très vite, il esquissa un petit sourire.

« Ce n'est pas pour les voisins, hein ? »

« Non, j'ai finalement changé d'avis. »

« Heureusement, » le c½ur de Tom se réchauffa un peu.

Un gros sapin était mal mis dans la voiture de Simone. Elle avait surement du aller l'acheter un peu plus loin chez le vieux marchand. Celui-ci faisait la plus grosse part de ses bénéfices et de ses affaires à la période de Noël. Tom attrapa le petit tronc et l'odeur de la sève atteignit ses narines. Il inspira discrètement, il adorait cette odeur, elle lui rappelait Bill et les matins des vacances de décembre à se prélasser avec chocolat chaud devant des dessins animés. Il le tira non sans délicatesse et le porta comme il put à l'intérieur pour l'installer à l'emplacement habituel.

Tandis que Tom ajustait le sapin et tentait de faire tomber le moins d'épines possible, Simone était parti au garage chercher les décorations intérieurs. Le gros carton devait peser une tonne, et ce n'était pas le seul. Elle essayait toujours de mettre toutes ses décorations sur l'arbre mais elle en avait tellement qu'il en restait toujours au fond de la boîte.

Elle claqua la porte, se laissant presque tomber avec le carton sur le parquet brillant du salon.

« Tu te fais vieille, » charia Tom en s'agenouillant près de sa mère.

« Ne parle pas à ta mère de cette façon. » Simone haussa les sourcils, mais son sourire la trahissait. « Tu ne crois pas qu'il manque quelques chose avant de décorer ? »

Le ventre de Tom se tordit. C'était évident. « Bill. »

Simone parut gênée. « Je ne pensais pas à ton frère, » elle pinça ses lèvres. « Plutôt à de la tisane. »

« On devrait attendre Bill, il le fait toujours avec nous. Et c'est toujours lui qui le fait le mieux. »

« Je pense que ton frère ne sera pas là avant quelques jours mon chéri. » Elle passa l'une de ses mains sur l'omoplate de Tom. « Ils ont annoncé encore de la neige pour cette nuit. »

Tom souffla. Il avait l'impression de passer ses journées à soupirer.

« On attendra. »

« Tu es sûr ? »

« Oui. » Tom referma doucement le carton et le poussa à côté du sapin. Il resterait là et fermé tant que Bill ne sera pas à la maison.

Simone comprenait très bien Tom, mais elle ne pouvait pas empêcher son estomac de se tordre. Elle n'était même pas sûre que Jörg puisse emmener Bill. C'était clair qu'elle l'espérait de tout son c½ur, mais son ex-mari ne tenait pas souvent ses paroles. Elle soupira en regardant Tom attraper sa guitare et aller à l'étage. Si Bill n'était pas là au réveillon, ni au matin de Noël, Tom n'allait pas le supporter, elle le savait.

Après tout, Tom était son fils et elle le connaissait presque par c½ur. Malheureusement moins parfaitement que Bill. Cette pensée la fit sourire ; elle était si fière de ce que ses enfants devenaient.

Soudain elle eut besoin de passer un coup de téléphone, ou peut être deux. Le combiné était déjà contre son oreille.

« Oui ? »

« Jörg, c'est Simone. »

Simone n'avait simplement pas pu laisser faire les choses, si elle ne brusquait pas un peu son ex-mari peut être que son fils ne serait pas à la maison à temps. Et ce n'était pas envisageable du point de vue de Tom. Du sien aussi, mais elle pensait avant tout au bonheur de ses enfants.

Après un petit moment de discussion - les deux divorcés étaient restés en assez bons termes - elle finit par abdiquer.

« Est-ce que tu veux que Gordon passe le chercher ? » Son pied tapait d'agacement sur le sol alors qu'elle commençait à faire les cents pas au milieu de la cuisine. Simone avait visée juste, Jörg n'était pas disposé à reconduire Bill à la maison.

« Non, je le ferais. »

« Tu n'aimes pas la neige, et ça ne dérangera pas Gordon, » souffla Simone. Elle leva les yeux au ciel et tortilla une mèche de ses cheveux châtains foncés.

« Bien, bien. » Il y eut un silence lourd. « Fais le donc venir, » grogna-t-il.

« Entendu. » Simone hésitait, elle avait toujours hésité. Peut être qu'elle devrait aussi l'inviter pour le réveillon. « Est-ce que tu fais quelque chose pour le réveillon de Noël ? »

« Ce n'est pas comme si j'avais une grande famille, tu le sais Simone. » Il n'avait pas dit ça méchamment, Simone le sentait simplement blessé.

« Oh, d'accord. » Elle se mordit la lèvre de culpabilité de lui enlever son fils. « Gordon passera ce weekend, au revoir Jörg. »

Elle raccrocha. Malgré tout, elle ne se sentait pas totalement bien. Elle soupira et reposa le téléphone sur son socle avant de commencer à préparé le déjeuner.

Tom, avait senti l'odeur de la nourriture de sa chambre, son ventre grouilla. Il passa sa main dessus.

« On mange quoi ? » demanda-t-il en entrant dans la cuisine.

Simone ne lui répondit pas, elle avait les sourcils froncés et paraissait étrangement concentré sur la préparation culinaire. Elle tournait automatiquement la viande et les pommes de terre qui rissolées dans l'huile.

« Maman ! » Tom haussa un peu le ton, Simone sursauta.

« Oui mon chéri ? »

« Tu vas bien ? »

Elle lui sourit tendrement, vraiment son fils était si gentil et doux. « Oui, oui. »

Tom croisa les bras, très peu convaincu. « Qu'est-ce qu'il y a ? Je sais que tu mens, il a cette petite grimace que tu fais à chaque fois. »

Elle coupa le gaz sous la poêle où la viande grillait. « J'ai appelé Jörg- »

« Bill ne va pas venir ? » Les yeux de Tom s'écarquillèrent de stupeur, mais aussi d'appréhension. Il était totalement impossible que Bill ne soit pas présent pour les fêtes.

« Non, bien sûr qu'il va venir, » rassura rapidement Simone et servant la nourriture dans des assiettes. « Gordon ira le chercher samedi, quand il rentrera. »

« Super, » lâcha Tom. « Papa ne fera donc jamais rien... »

Ils s'installèrent à la petite table de la cuisine en commençant à manger.

« Ne lui en veut pas Tom, il ne veut juste pas passer les fêtes seul je suppose. »

« Pourquoi tu le défends ? Il est partit. »

Simone prit un air sévère. « Ne le démonte pas ainsi Tom. Il reste ton père et il vous aime ton frère et toi, » son ton était sec. « On est autant coupable lui et moi du divorce, pas un plus qu'un autre. Est-ce que tu as compris ? »

Tom baissa la tête. « Ouais. »

« Bien, » elle mâchouilla une pomme de terre. « Je vais peut être l'invité pour le réveillon. »

« Hein ? »

Simone pencha la tête sur le côté. « Tu as bien compris. »

« Je... Wow, bizarre. » Il regarda son verre remplit de Coca. Il se surprit à s'imaginer un réveillon avec Jörg et Gordon réunis, ça avait l'air drôlement étrange mais pas dérangeant, il supposa. « C'est... cool. »

Ils sourirent.


**


Les journées se succédaient et se ressemblaient malheureusement, plus ou moins, toutes. Tom avait comme toujours déblayé la neige des allées des jardins de ses voisins pour se faire un peu d'argent de poche. Depuis, il avait une ou deux ampoules, mais rien à quoi il ne pouvait pas survivre.

Il poussa la porte de chez lui, posant ses mains de longues secondes sur le radiateur brûlant de l'entrée. Ses doigts étaient gelés malgré les gants épais qu'il avait enfilés. En plus de ça, il grelottait comme un dingue à cause de ce froid glacial. Il n'habitait pourtant pas en Sibérie, il maudit le vent d'Est. Ses vêtements froids furent presque tous retirés et il courut jusqu'à sa chambre pour en enfiler d'autres. Il ajusta son gros sweatshirt avant de rejoindre sa mère et son beau-père dans la cuisine.

L'odeur de la tisane envahit ses narines. Il jeta un coup d'½il aux cartons de décorations qui n'avaient pas bougés et au sapin nu. Il baissa la tête.

« Est-ce que je peux venir avec toi demain ? » demanda Tom à l'intention de Gordon qui buvait tranquillement sa boisson fumante.

Il hocha la tête, souriant gentiment. « Un peu de compagnie ne me fera pas de mal. »

Simone remplit une troisième tasse de tisane puis la poussa vers son fils. Tom l'attrapa en collant précautionneusement ses mains toujours froides et rougies autour du conteneur. « Merci, » souffla-t-il.

Une vague de frisson le prit en avalant une gorgée.

« On verra demain si tu peux y aller, » déclara Simone, suspicieuse.

Tom haussa les épaules, résigner à y aller et peut importe ce qui en sera dit. Il jugeait qu'il avait attendu bien trop longtemps que Bill revienne.


**


«Mais m'man... Atchoum ! » Tom attrapa un mouchoir pour s'essuyer négligemment son nez rouge et encombré.

« Il n'en est pas question, tu restes à la maison Tom. »

Simone secouait fermement la tête tout en poussant son fils vers le salon. Malgré la taille imposante de Tom, Simone savait comment garder le contrôle sur son fils. Et elle avait choisi ce moment pour mettre en action son savoir. Une fois dans le salon, elle força Tom à s'allonger sur le sofa dans le coin le plus près de la cheminée. Elle y ajouta une bûche de bois pour raviver un peu les flammes et que Tom se réchauffe un minimum.

« Sérieux, je peux y aller, » geignit Tom.

« Tu ne discutes pas avec moi Tomas. » Simone déplia une couverture sur Tom et l'emballa presque dedans. Il n'y avait plus que ses tresses qui en dépassaient. « Tu es malade. Je suis certaine que tu as de la fièvre. »

Elle bougeait un peu partout dans la pièce donnant presque le tournis à Tom qui ferma les yeux. Tom voulait se lever, enfiler son gros manteau et rejoindre Gordon dans la voiture, mais il n'en avait même pas la force. En plus d'éternuer, il commençait à avoir un mal de tête insupportable qui le fit se tordre dans le canapé. Sa mère avait peut être raison, il était malade, mais il voulait tellement voir Bill le plus tôt possible. Il grogna de frustration.

« Avale ça. » Simone lui tendit un verre en passant sa main sur le front brûlant de Tom. « Gordon vient de partir, repose toi. »

Tom hocha la tête, les yeux fermés, une boule dans la gorge. « J'avais attendu. »

« Je sais mon chéri, ce soir. » Elle lui embrassa le front, ses yeux protecteurs et tendres sur son grand bébé.

Elle se releva, prête à partir, le verre vide dans la main, et laisser Tom tranquille quand il l'interpella.

« Tu peux allumer la télé ? » Il lui lança un sourire enfantin avec ses yeux brillant à cause de son rhume. Simone craquait toujours. Elle lui donna même la télécommande et le laissa définitivement seul dans le salon avec la télé et les téléfilms vus et revus de Noël.

Tom les adorait.


**


Au cours de la journée, il s'était levé tandis que sa mère était partie chez la voisine pour papoter, voire commérer. Il monta dans sa chambre pour récupérer son téléphone portable. Tom se moquait de lui-même, il grelottait entouré de sa couverture essayant de marcher comme il pouvait. Il secoua doucement la tête.

Une fois le téléphone dans sa main il le déverrouilla et put voir un message de Bill.

« Gordon est arrivé, il m'a dit que tu étais malade. J'espère que tu n'me refileras pas tes microbes, p'tit frère. On sera là vers dix-neuf heures. Bisous, je t'aime Tommy. »

Tom sourit. Il était quinze heures et dans quelques heures Bill serait là. Il se sentait excité comme un gamin le matin de Noël, près à ouvrir ses cadeaux alors que ses parents dormaient toujours. Il aurait voulu sauter partout mes ses courbatures l'en empêcher. Il serra son portable dans la main avec le peu de force qu'il avait et retourna, claudiquant comme un pingouin, dans le salon, emmitouflé dans la couverture, souriant niaisement devant une comédie familiale et fantastique, remplie de lutins et de rennes.

La musique typique des fêtes de fins d'années américaines résonnait dans la pièce, provenant de la télévision, et Tom balançait son pied en rythme, fredonnant l'air connu de la mélodie. Si quelqu'un était entré à cet instant dans la pièce, il aurait pu croire que Tom n'était qu'un enfant de cinq ans, émerveillé par la magie de Noël.

Et si on y réfléchissait bien, c'était un peu le cas.

Le tressé se laissa bercé par la musique et finit par s'assoupir de nouveau, épuisé par la maladie, surement.



Simone entra doucement, environ deux heures plus tard, venant vérifier si Tom se sentait mieux. A la place de Tom, elle retrouve son bambin enlaçant étroitement un bout de l'épaisse couverture un sourire dessiné sur ses lèvres roses. Elle secoua la tête et sourit niaisement. Vraiment, Tom ne grandirait jamais, se disait-elle.

Elle le laissa se reposer et partit à ses occupations.


**


Il était presque dix-neuf heures. Tom regardait par la fenêtre impatient et Simone était presque exaspérer de voir le comportement enfantin de Tom refaire surface.

« Ils vont arriver Tom, arrête de regarder par la fenêtre. Tu vas y faire des traces. » Elle tira sur le pull de Tom et remit les rideaux en place.

« Est-ce qu'on fait le sapin ce soir ? »

« Si ton frère et Gordon ont le courage de le faire. »

Tom hocha la tête positivement, de toute façon il allait faire le sapin, aujourd'hui ou demain, et c'était ce qui comptait le plus. Il pinça doucement l'épaule de sa mère. « Tu aurais pu me garder un chocolat ! »

Simone rit. « J'ai pas eu le courage d'abandonner le pauvre petit, seul au fond de sa boîte dorée. »

« Je te les ai acheté, » protesta Tom.

« Et ils étaient vraiment bons, » assura Simone. Elle ferma les yeux, soupirant rêveusement.

« Irrécupérable. » Tom secoua la tête prenant un air supérieur. « Je n'te ferais plus de cadeau. »

Sa mère souriait en retournant à la cuisine surveiller le repas, Tom sur ses talons. « Ce n'était pas un cadeau, c'est moi qui t'en aies demandés, » rectifia-t-elle.

« C'est la même chose. » Tom croisa les bras, opinant malgré lui. Soudain il se redressa. « Tu as entendu ? »

« Quoi ? »

Tom ne prit pas la peine de répondre et partit en trombe vers la porte d'entrée. Il l'ouvrit à la volée, sautant joyeusement, oubliant les coups de marteau dans son crâne. Il était en chaussette sur le pallier de la porte, Simone lui criant dessus. Mais il s'en foutait, Bill était là.

Il ne l'avait pas venu depuis plusieurs semaines et ça lui faisait tellement plaisir de le revoir, là juste sous ses yeux et non sur du papier glacé.

« Tom, tu rentres immédiatement. »

Cependant, le tressé ne l'écoutait absolument pas, ne voyant et n'entendant que par son frère. Il ne put s'empêcher. Bill était trop lent pour venir. Il sauta dans l'allée sous les cris de protestations de Simone et courut vers Bill.

Simone se calma en s'apercevant que hausser le ton ne servait strictement à rien. Elle regardait ses fils se retrouver. Tom attrapa Bill par les épaules et les enlaça fortement tandis que les bras de Bill s'enroulaient autour de sa taille. Il serrait si fort son petit frère que Simone pensait que Tom allait l'étouffer et tuer son deuxième fils avec son débordement d'affection. Les deux frères se balançaient d'un pied sur l'autre sans se décoller.

« Tu m'as manqué p'tit frère, » murmura Tom dans l'oreille de Bill.

Bill embrassa la joue de Tom. « Toi aussi, mais on ferait bien de rentrer, maman va te tuer. »

Tom haussa les épaules et serra un peu plus Bill, passant son nez dans les cheveux un peu bouclés de Bill.

« Tom, tu ferais bien de rentrer. T'es déjà assez malade, » intervint Gordon en passant à côté des deux garçons. « Puis ta mère va t'étriper. »

Tom grogna mais retourna vers la maison, la main de Bill dans la sienne. Maintenant qu'ils étaient ensemble, il ne pouvait plus le lâcher. Il avait attendu assez longtemps.

« Toi, » dit Simone en pointant méchamment Tom du doigt, « dans le salon, immédiatement. »

Elle accueillit Bill dans ses bras à son tour, lui déposant un baisé sur sa joue.

« C'est pas que je veux gâcher vos retrouvailles la p'tite famille, mais j'ai vraiment, vraiment, vraiment.... »

« Très faim, » finit Simone en relâchant Bill et riant en regardant son mari acquiescer. Elle s'approcha de lui et l'embrassa sur la bouche, accrochant ses mains à son cou. « Je vais finir le repas. »

Bill s'était éclipsé pour rejoindre Tom, enroulé dans son éternelle couverture devant la cheminée, près du sapin dénué de décoration. Tom fixait les flammes sur un fond de bruit télévisé. Bill se glissa à ses côtés sous la couverture. Les jambes de Tom se collèrent avec celles de son frère et à cet instant il se dit que c'était enfin normal ; il allait avoir un Noël normal.

« Papa te passe le bonjour, Tommy. » Bill posa sa tête sur l'épaule de son frère.

Ils regardaient tous les deux les flammes. « Il n'est pas venu ? »

« Il a dit qu'il allait chez mamie, » grimaça Bill.

Tom ricana et serra la main de Bill en entrelaçant leurs doigts. « Elle est bizarre mamie, mais elle nous envoie toujours une belle enveloppe. »

« T'es cruel. »

« C'est pour ça que tu m'aimes, » sourit Tom.

Bill se colla un peu plus à Tom et souffla presque dans son oreille. « Oui. »

Ils profitaient de la présence de l'autre. La parole n'était pas indispensable pour le moment ; Tom en profitait avant que Bill ne reprenne son habitude de débiter un flot de parole impossible et de chanter à tout va. Leurs corps étaient pressés et compressés dans la couverture qu'il partageait. Ils étaient de nouveau dans leur bulle rien qu'à eux. C'était l'un des endroits unique où Tom se sentait si léger et complet.

« Je t'ai acheté un cadeau Tommy ! » S'exclama Bill.

« Oh non, » râla Tom. « On avait dit qu'on en faisait pas. »

« Je... » Bill referma la bouche, puis la rouvrit.

« Mais je le veux quand même, » ajouta Tom, faisant cogner son épaule contre celle de Bill. « Qu'est-ce que c'est ? »

« Ne commence pas, ce n'est vraiment pas grand-chose. J'ai craqué. »

Tom insista, plongeant bien ses yeux dans ceux de Bill. « C'est quoi ? »

« Arrête de me regarder comme ça Tom, » protesta Bill. Tom savait qu'il pouvait faire flancher Bill, il savait aussi que son cadeau n'était pas grand-chose mais il était curieux.

« Les garçons, venez manger ! »

« Sauvé par la mère, » abdiqua Tom. Il se leva et s'étira, son dos le faisant souffrir. Il se sentait noué et courbaturé. Et même s'il avait dormi toute la journée, il était encore fatigué. « On y va ? »

« Tu as mal ? » demanda Bill en passant ses doigts dans la nuque de Tom qui ferma les yeux.

« Ouais, c'est vraiment chiant, je sais jamais comment me mettre. » Il laissa les doigts de Bill le masser un peu. « Ils nous attendent. »

Bill hocha la tête avant de câliner les lèvres de Tom avec les siennes, juste un petit frôlement. Tom et Bill avait toujours plus ou moins flirtait ensemble mais ça ne les dérangeaient absolument pas. Tom sourit puis s'écarta de Bill pour aller rejoindre ses parents.

Il n'avait pas très faim mais était là juste pour faire acte de présence.

Ils mangeaient tous à leur faim, sauf le malade qui jouait avec la nourriture qui le dégoutait presque. Il grimaça en avalant une bouchée de purée. Il reposa sa fourchette.

« On fait le sapin ? »

Le regard de Tom passait de l'un à l'autre, espérant pouvoir mettre les guirlandes ainsi que tout ce qui suivait sur l'arbre dans la soirée. Simone regardait Bill d'un air suggestif.

« Je suis fatigué Tommy. »

Tom souffla de mécontentement. « Ouais c'est ça. Je vais dans ma chambre, pas faim. »

Il repoussa son assiette et quitta l'attablée. Il se sentait lourd, comme si chacun de ses membres pesés une centaine de kilos. Il se laissa tomber lourdement sur le matelas et s'enfouit sous la couette avant de recommencer à grelotter. Il avait été vexé que son frère ne l'appuie pas et déçu de ne pas pouvoir mettre la touche final à son Noël presque parfait ce soir. Ses muscles se contractèrent et il gémit.

Il faisait déjà nuit dehors et les loupiottes roses et vertes ne brilleraient pas encore cette nuit dans son salon. Un soupir traversa ses lèvres entrouvertes.

Ses yeux se fermèrent et il se laissa aller à ses pensées.

Il se sentait serein mais inconfortablement installé dans son lit. Ses mains commencèrent à trembler et la fièvre remonta tandis que tout son corps tremblait tentant vainement de se réchauffer.

« Est-ce que je peux venir ? »

Tom leva très lentement la tête. Il essayait de faire un sourire mais cela ressemblait bien plus à une grimace de douleur qui envahissait sa tête. « Je n'veux pas te refiler mes microbes. »

« Idiot, » répondit Bill amusé. Il referma la porte derrière lui.

Il n'y avait plus qu'un mince filet de lumière qui passait sous la porte ainsi que les décorations lumineuses des voisins qui jaillissaient dans la pièce. Bill s'avançait à pas feutrés vers le lit de Tom afin de s'y glisser allégrement. Il attrapa la main tremblante de Tom en lui souriant. Le tressé se sentait moins gêné par ses courbatures mais elles le contrariaient toujours.

« Maman avait préparé un gâteau à la noix de coco, » déclara Bill, fixant le visage un peu crispé et tendu de Tom.

Tom trembla un grand coup avant de se recroqueviller contre son frère. « J'en peux plus. »

« Viens. »

Tom se glissa entre les bras de Bill qui commençait à passer ses mains dans le dos de son frère dans des gestes circulaire, autant pour le réchauffer que pour l'apaiser. Il appuyait un peu plus du bout de ses doigts entre els omoplates de Tom qui soufflait contre sa joue. Tom ne s'était pas sentit aussi malade et bien à la fois depuis très longtemps. Il laissa joyeusement glisser les doigts de son frère sur lui et le masser par endroit.

Ses paupières papillonnaient tandis qu'il essayait de rester éveillé. « Je dois t'acheter un cadeau. »

« Tu n'auras pas le temps Tommy, » répondit calmement Bill. « Et je n'en ai pas besoin, » assura-t-il.

« Je suis déjà un assez bon cadeau, huh ? » La voix de Tom semblait de plus en plus faible et basse.

« Mon crétin de grand frère est le plus beau cadeau que j'ai reçu, » affirma Bill. Il posa ses lèvres tièdes sur le front brûlant de Tom qui soupira. « Dors petit Tom. »

La respiration de Tom était déjà régulière, malgré que son corps entier soit encore crispé et noué contre Bill qui le réchauffait progressivement.

« Pars pas Bill. » Tom avait dit ceci presque imperceptiblement tout en se resserrant, si c'était possible, contre Bill qui l'enferma dans ses bras menus.


**


Le lendemain matin, Tom se réveilla encore un peu comateux. Machinalement il se leva pour aller prendre un petit déjeuner. Son corps s'était un peu décontracté et sa fièvre était tombée pendant la nuit et même s'il se sentait toujours un peu mou, il était de bonne humeur et dans quelques minutes d'attaque pour la journée.

Il descendit les escaliers, Bill devait surement être devant la télé comme il en avait l'habitude, puisque le tressé ne l'avait étrangement pas trouvé avec lui dans le lit. Il lâcha la rampe de l'escalier pour suivre les petits gloussements qu'il entendait. Quand il entra dans le salon, il ne se retrouva pas seulement face à Bill mais il y avait aussi Simone et Gordon qui le regardaient autant d'un air moquer par rapport à ses yeux collés et son teint pâlot mais aussi attendris voyant le petit sourire satisfait de Tom.

« On a décidé de déballer les décos le temps que tu te réveilles, » déclara Bill, le postant juste sous le nez de Tom. Il tenait une guirlande doré parsemé de paillettes rouges au bout de sa main. Il la passa autour du cou de Tom et rit en voyant son air renfrogné.

Tom regarda derrière Bill, ses parents se chamaillaient gaiement.

« Bonjour, » souffla Bill. Il se pencha un peu et embrassa le coin des lèvres de Tom qui sourit.

Instinctivement, ses bras encerclèrent la fine taille de Bill et il enfouit son visage dans son cou y déposant des baisers légers. Il sentait Bill se détendre un peu plus si c'était possible et tirer sur la guirlande qui piquait le cou dénudé de Tom. « Je vais prendre un chocolat chaud. »

Le tressé se détacha de Bill, même s'il si sentait parfaitement bien et déposa un baiser sur la joue de sa mère en guise de « bonjour » avant de finalement s'éclipser préparer son chocolat. Il se sentait encore mieux que lorsqu'il s'était levé. Il attrapa un cachet et l'avala en même temps qu'une gorgée brûlante de chocolat.

Il prenait tout son temps, savourant le liquide chaud qui coulait dans sa gorge et sur sa langue. De la fumée s'échappait de la grande tasse, il ferma les yeux, un sourire sui ne voulait plus s'effacer sur les lèvres.

« Tooom, » cria Bill depuis le salon. « Viens m'aider, les parents deviennent fous ! »Il entendit Bill protester et Gordon rire tandis qu'il torturait certainement Bill.

Tom avala le reste de sa boisson avant d'arriver dans le salon où effectivement, Bill était mort de rire, des larmes coulaient sur ses joues sous une plume rouge que Gordon avait trouvé dans un carton et s'amusait maintenant à faire passer sur Bill le chatouillant. Simone secouait la tête devant les gamineries de son mari mais se prêta au jeu.

« Lâche mon frère, » dit Tom, d'un ton tellement sûr et ridicule que ça fit rire Simone et Bill. Tom secoua la tête. « Bon eh bien, Gordon amuses toi bien. »

Tom s'assit juste près de Bill qui était étalé sur le canapé, gesticulant dans tous les sens alors que Gordon le tenait fermement scotché contre le sofa.

« Fais le partir, » supplia presque Bill à Tom.

Tom échangea un regard avec son beau-père et se pencha par-dessus le visage de Bill, il était rouge et ses yeux pleuraient tellement il rigolait.

« C'est quoi mon cadeau ? »

« Bordel, » Bill lança son pied en l'air, la plume était passée juste sous son nombril. « Tu, arrêtes Gordon ! »

Gordon regarda Tom qui hocha la tête. « J'obéis au chef, » répondit-il, reprenant ses tortures.

« Tu n'le... Aah... nan. »

« Alors Gordon devra continuer jusqu'à ce que tu me le dise, » dit Tom sombrement, il fronça ses sourcils et plongea ses yeux dans ceux rieurs de Bill mais aussi très brillants. Tom savait que Bill n'en pouvait plus, il était presque sur que ses abdominaux le faisaient souffrir.

« Très bien, » dit Simone pour mettre fin à la petite mise en scène de Tom. Elle frappa dans ses mains pour faire cesser les tortures sur son fils. « Vous allez me le tuer, » ajouta-t-elle tapotant sur la main de Gordon.

Gordon stoppa le petit jeu enfantin et sourit à sa femme. « Il est coriace. »

Bill s'assit correctement, massant son ventre et essuyant ses yeux. « Je vous déteste, » avoua-t-il, croisant les bras.

« Et moi, » Tom se pencha à l'oreille de Bill, « je t'aime. »

Bill lui sourit. « Je sais. »

Tom grogna. « Debout, » dit-il. « Le sapin nous attend. »

Après cette petite comédie, toute la petite famille recomposée se mit à la tâche afin de donner au sapin une belle allure. Petit à petit, des couleurs apparaissaient sur les branches épineuses du pin. Bill s'amusait, Tom savait parfaitement qu'il adorait décorer le sapin et selon lui il avait bien fait d'attendre. Il mettait une guirlande là, puis l'enlever pour la mettre là-bas. Simone tentait de faire un joli sapin mais Bill repassait derrière elle, rectifiant des fautes de gout d'après lui.

Il avait toujours était perfectionniste et parfois ça faisait rire Tom, comme à cet instant pour un simple sapin de Noël qui allait être jeté quelques jours après les fêtes.

« Est-ce que tu crois avoir fini ? » demanda Simone, rejoignant les deux hommes affalés sur le canapé regardant Bill tourner autour du sapin.

Gordon et Tom secouèrent la tête tandis que Bill changer encore une guirlande de place. « Arrête ça, il est bien ce sapin, » dit Gordon.

« Laisse-moi faire, » gronda Bill.

« D'accord, » abdiqua son beau-père, levant les mains en l'air se mettant debout. « On part Simone ? »

La petite femme acquiesça.

« Où allez-vous ? » demanda Tom.

« Distribuer des repas chauds, comme tous les ans, » répondit Simone suivant Gordon vers l'entrée. « On rentrera sûrement tard ce soir, pas de bêtises les garçons. »

« Non maman, » répondirent-ils en ch½ur. Simone leur sourit puis disparu à la suite de son mari qui devait certainement l'attendre, les clés de la voiture en main.

Tom était exaspéré, Bill ne cessait de tourner autour du pauvre sapin et en plus de cela il donnait la nausée au tressé. Il ferma les yeux et s'allongea de tout son long sur le canapé, arrêtant de cette façon et de regarder Bill et de se sentir malade. Mais il sentait quand même sa présence et l'imaginait encore bouger, un peu trop d'ailleurs.

« Tu veux arrêter ça Bill, » siffla Tom, posant son avant bras contre son front.

« Je veux qu'il soit parfait. »

« Il l'est. »

« Est-ce que tu veux que je t'amène de l'aspirine ? »

Tom ouvrit les yeux et put remarquer que Bill ne tournait plus automatiquement autour du sapin finalement décoré mais qu'il se tenait accroupis près de lui. Il secoua la tête et sourit doucement à Bill. « On regarde la télé ? »

Bill hocha la tête, pinçant l'épaule de Tom. « Pousses-toi. »

« Il y a de la place de l'autre côté, » se plaignit Tom.

« Laisse-moi de la place. » Bill poussa Tom vers le fond du canapé, collant son dos contre le dossier avant de venir lui-même se caller contre son frère, son dos touchant étroitement le torse de Tom. « On met un de ces dessins animés bidons ? »

« Si tu veux, » dit Tom. En fait il se fichait carrément de la télé, la seule chose qui comptait était Bill si proche de lui. Il fit glisser ses bras autour du fin corps de son frère et enlaça ses doigts sur le ventre plat de Bill. Son nez s'enfouit dans les cheveux qui retombaient sur la nuque de Bill.

« Tu veux regarder ça ? » demanda Bill, levant le volume du son de la télévision face à eux.

Tom jeta un coup d'½il à l'écran, il y avait des sortes de gamins qui jouaient dans une cours de récré, ça avait l'air cool, mais Tom se foutait de ça. « Ouais, c'est cool. »

Il replongea dans la chevelure de Bill.

« Que t'arrive-t-il ? » rit doucement Bill, remuant dans les bras de Tom pour se mettre à l'aise.

« Tu m'as juste manqué, » souffla Tom.

Bill se retourna dans ses bras et son visage de trouva juste à quelques centimètres de celui de son frère. Leurs yeux se connectèrent instantanément, ils bougeaient, passant d'un ½il à l'autre. Leurs souffles étaient très proches et leurs jambes emmêlées. Les doigts de pieds de Bill s'enfonçaient dans le mollet de Tom.

« T'es beau Tommy. »

Tom leva les yeux au ciel. « C'est stupide. »

Bill haussa les épaules, touchant le cou de Tom, il serra son épaule et se rapprocha un peu plus. « C'est quoi mon cadeau ? »

« Un truc ridicule. » Bill ferma les yeux et frôla les lèvres de Tom avec les siennes.

Tom se laissa bercer par la caresse aérienne, ses paupières étaient closes et il bougeait doucement sa tête de droite à gauche, faisant par la même occasion se rencontrer le bout de leur nez taquins. Bill poussa un peu plus ses lèvres sur celle de son frère qui lui donna un léger mais affectueux baiser.

« Ça ne peut pas être ridicule, » marmonna Tom contre els lèvres de Bill.

Bill sourit puis fronça le nez. « Tais-toi Tommy. »

Leurs lèvres se pressèrent de nouveau ensemble, infligeant des agréables pressions. La main de Bill quitta le cou de Tom pour s'installer sur sa joue. Il ouvrit un peu la bouche et laisse sortir le bout de sa langue pour venir jouer avec les billes noires du piercing de Tom. Il titillait la commissure des lèvres de son jumeau avant que celui-ci ne se laisse aller et ouvre à son tour la bouche.

La langue taquine et joueuse de Bill vint rencontrer celle de Tom qui soupirait de bien être passant ses mains de haut en bas sur le dos de Bill. Finalement, lorsque le baiser se fit plus profond, que leurs langues tournoyaient gaiement ensemble, la main de Tom se posta dans le creux de la nuque de Bill, le caressant avec son pouce. Sa seconde main était bien installée au bas du dos de son petit frère. Bill lapait, happait puis relâchait la langue de Tom. Il s'embrassait comme si leur vie en dépendait, caressant chaque parcelle de la bouche de l'autre.

Bill se décolla un peu de Tom, léchant une dernière fois derrière les dents de son frère puis ses lèvres rosées et parfaitement dessinées. Son visage redescendait lentement, il en profitait pour embrasser chacun des bouts de peau qu'il avait à porté de lèvre avant d'aller butiner le cou de Tom de petits baisers.

Le rire de Tom sous les petites pressions brisa le silence d'or qui s'était installé, oubliant presque la télévision. Tom se sentait le plus heureux ici, juste sur ce canapé. Sa main passait et repassait dans les cheveux de Bill alors qu'il continuait à couvrir le cou musclé de Tom de baisers papillons tout en souriant.

« Tu es trop mignon, » lança Tom à travers son petit rire. Bill mordit un bout de peau et Tom protesta. « Saloperie. »

Bill se redressa, son visage au dessus de celui de Tom, il avait les yeux pétillant. Il penchait la tête sur le côté. « Tu es beau. »

Tom gesticulait sous Bill qui venait de s'installer sur lui. « Ouais, » il se poussa encore pour que lui et Bill soit bien installer. « T'es une sorte d'allumeuse. »

« Ta gueule Tommy. » L'index de Bill vint cogner le nez de Tom. « Regarde le dessin animé. »

Tom laissa pendre un de ses bras dont la main était enlacée avec les doigts de Bill. Ils passèrent le reste de la matinée ainsi, retournant tranquillement en enfance à regarder des cartoons plus ou moins biens. Tout en se câlinant, après tout ils ne s'étaient plus vus depuis des semaines.


**


« Ah Tom, arrête ! » Bill courait partout, il manqua plusieurs fois de se ramasser en beauté dans les gros tas de neige au fond de la cour arrière de leur maison.

Tom riait derrière lui. Il avait dans les bras une provision de boule de neige ce qui l'empêchait d'aller plus vite à la poursuite de Bill. Il se dandinait comme il pouvait tentant de préserver la neige blanche dans le creux de ses bras. Il en attrapa une et la lança juste sur le chapeau de Bill.

« Tommy, » geint Bill attrapant une mèche de ses cheveux entre ses doigts recouvert de gants polaires très épais. « Tu vas devoir me refaire mon brushing, je te préviens. »

Tom haussa les épaules et en profita pour s'avancer aussi vite qu'il le pouvait vers son frère qui s'était stopper sans s'en rendre compte. Ses pas étaient incertains mais il accéléra un peu plus. Jusqu'au moment où son pied s'enfonça dans un gros trou rempli de poudreuse et qu'il trébuche. Il s'étala de tout son long dans la neige, les boules qu'il conservait soigneusement s'était allègrement écraser contre son torse et son visage.

Bill riait à gorge déployée tandis que Tom grommelait de mécontentement. « Ne ris pas petit. »

« Sinon quoi ? » Bill se tenait le ventre, revoyant encore et encore Tom se vautrer dans la neige, le visage recouvert de blanc. « On a plus besoin de faire un bonhomme de neige au moins maintenant ! »

L'androgyne se tordait toujours de rire. Il n'essayait même pas d'aider son pauvre frère à se relever. Il avait tellement mal au ventre à force de rire qu'il tapait des pieds.

Tom grogna. Il se leva et épousseta sa grosse doudoune qui le faisait ressembler à Bibendum. Un petit sourire malicieux se dessina sur ses lèvres. « Bill ? » appela-t-il d'une voix doucereuse.

L'interpellé ouvrit comme il put ses yeux. « Argh ! Je vais te tuer ! »

Tom avait sauté sur Bill en un temps record. Tout son poids sur Bill enfonçait le frêle corps de Bill dans la couche de neige. « Dis adieu à ton brushing p'tit frère. »

« Dégage de là Tommy. »

« Pas possible. » Tom se tortilla, replaçant son propre bonnet sur ses oreilles. « On est pas bien dans le froid ? »

« Si je tombe malade ce sera de ta faute, » bouda Bill.

« Je te rappelle que c'était ton idée, pas la mienne. » Tom se retourna et regarda par dessus son épaule vers la baie vitrée. « J'ai envie d'un bain chaud. »

« Tu étais d'accord avec ça. »

« Peu importe. » Tom serra le corps de son frère grelottant. « On rentre ? Je ne veux pas que tu meurs de froid non plus. Je m'en voudrai tellement ! »

Même si Tom prenait ceci sur le ton de la plaisanterie, il savait parfaitement que Bill comprenait qu'il s'inquièterait. Tom aida Bill à se relever parce qu'il était bien trop gentil avec lui qu'il ne devrait l'être. Parce que ouais, Bill s'était carrément foutu de sa gueule quand il était tombé. Il aurait pu se faire une entorse, ou autre chose dans la même catégorie.

« Si tu es gentil, je te ferais du bon chocolat chaud aves des guimauves. »

Tom leva les yeux au ciel. « Ce n'est pas à moi d'être gentil. » Il croisa les bras et resta planté derrière Bill qui commençait à tirer sur la vitre pour qu'ils puissent entrer, dans le cocon chaud de la maison.

« Je suis le plus adorable, le plus gentil, le plus mignon, le plus attentionné, de tous les petites frères du monde, » énuméra Bill se pavanant devant son frère vaincu.

« Tais-toi et entre, » répondit Tom, baissant la tête pour cacher son petit sourire en coin. Il abandonna ses chaussures de neige avant d'entrer dans la maison et vira tous les vêtements humides. « Est-ce que mon adorable petit frère ma fera un chocolat chaud quand je sortirai de la salle de bain ? »

Bill fit mine de réfléchir puis lui sourit. « Ok. »

« Parfait. » Tom embrassa la joue de Bill, juste au coin de ses lèvres.

Il commençait déjà à disparaître dans le couloir que Bill cria, « Maman nous a dit de préparer la table ! » Puis finit par grogner. Tom sourit car son frère allait devoir le faire seul. Le tressé flânait toujours dans le bain pratiquement jusqu'à ce que l'eau devienne très froide et qu'il soit aussi fripé qu'un petit vieux ridé.


**


C'était le jour du réveillon de Noël, les jumeaux l'avait attendu avec impatience. Ce matin là Bill s'était réveillé tout excité et sautilla partout pendant une grande partie de la journée. Simone devenait dingue de le voir ainsi. Plusieurs fois elle lui avait dit d'aller faire une sieste, juste pour ne plus qu'il ne tourne autour d'elle tandis qu'elle commençait à préparer l'apéritif et les petites bouchées.

Quant à Gordon, il avait disparu au fond du jardin chercher des bûches qui était encore assez sèche pour les mettre dans la cheminée. La bûche de Noël était pour cette famille très importante et il le mettait toujours ensemble et c'est comme ça que le repas du réveillon commençait.

Bill était une petite puce qui sautait partout, sans faiblir. Il ressemblait à un de ces gosses dont les yeux brillaient de magie. Il poussa fort la porte de la chambre de Tom et s'emplit les poumons de l'odeur de son frère.

« Bill, bordel ! » Tom émergea de sous sa couette. Il était plu de quinze heures mais il dormait toujours et Bill n'en pouvait plus d'attendre qu'il se réveille. « Ferma les putains de rideaux. »

« Ne sois pas ronchon, c'est le réveillon. »

« Tu m'as réveillé, merde. » Tom frottait ses yeux, parfois il se demandait comment il faisait à supporter son gamin de frère. Puis c'est à des moments, comme celui-ci, où il le regardait et comprenait comment il faisait.

Bill était debout, ses pieds se tordant et un sourire radieux sur le visage. « Bonjour Tom. »

Tom secoua la tête. « C'est ça. » Il se leva tout de même grincheux et commençait à attraper des vêtements quelconques sur la chaise de sa chambre.

« Oh, tu ne vas pas m'en vouloir pour ça, » grimaça Bill.

« Non. » Il passa à côté son frère lui donnant une petite tape sur le haut du crâne. « Tu es chiant quand même, t'en fais pas. »

Il partit dans la salle de bain pour se débarbouiller. Il passa de l'eau froide sur son visage et se sentit soudainement mieux éveiller que quelque seconde plus tôt. Il repensa au cadeau que Bill lui avait fait, en plus de ça, lui n'en avait pas pour son frère. Que pouvait-il bien lui offrir ? Il haussa les épaules nonchalamment. Il supposa que rien ne satisferait Bill qui se trouve dans cette maison. Et puis Tom n'avait pas l'habitude d'offrir des cadeaux à son frère, ni d'ailleurs au reste de la famille. La seule chose qu'il avait acheté cette année était une nouvelle boîte de chocolat pour sa mère, c'était sans doute la meilleure des choses qu'il avait trouvée.

Il enfila son sous pull puis mit une chemise bleue en flanelle par-dessus celui-ci, c'était une chemise que Bill adorait. Et si ses souvenirs étaient bons, c'était même lui qui la lui avait mise dans le panier à la boutique. Tom ne pouvait rien contre Bill, ça avait toujours était comme ça.

Lorsqu'il sortit de la salle de bain, il entendit Bill chantonner sur un air de petite musique de Noël qui résonnait dans la maison.

Il décida simplement de ne pas aller dans la salle à manger où Gordon et Bill devait surement mettre la nappe et les couverts pour le repas.

« Est-ce que tu veux que je fasse quelque chose ? »

Simone se retourna. « Tu es enfin levé. Ton frère est incontrôlable aujourd'hui. »

« J'ai vu ça, » râla Tom. « Il reste des minis pizzas à faire, non ? »

Sa mère hocha la tête et Tom contribua à la préparation. Il savait que c'était du travail et il ne voulait pas que sa mère y passe plus d'heures qu'il n'en suffisait.

Dehors, un petit rideau de neige tombait sur la ville. Les illuminations chez les voisins n'en étaient que plus belles. La nuit était vite venue s'engouffrer dans les rues de la ville, donnant un petit air magique à cette saison. Tout semblait scintiller. On aurait même pu s'attendre à voir le traineau du Père Noël traverser le ciel tiré par les caribous, laissant tomber les cadeaux dans les cheminées.

Tom étala de la sauce tomate, tout était parfait, comme il l'avait souhaité. Il se surprit même à vouloir remercier le ciel et ricana dans sa barbe.


**


Il était près de vingt heures. Le sapin scintillait gaiement dans la pièce lui donnant une jolie couleur. Les visages des quatre personnes rayonnaient dans ces mélanges de couleurs. Gordon tenait dans sa main une bûche, la plus sèche qu'il avait trouver pour qu'elle prenne bien au feu. Tom s'était installé devant le cheminée, Bill non lui de lui, ou plutôt presque sur lui. Ils étaient étalés devant les flammes, Bill entre les jambes de Tom.

« Bill tu ne crois pas que tu devrais laisser ton frère tranquille maintenant ? » sourit Simone, ce n'était en aucun cas un ton de reproche.

Les bras de Tom se serrèrent instinctivement autour du torse de Bill. « Est-ce que ça te dérange ? »

« Oh non, bien sûr que non, » se rattrapa Simone en secouant vivement la tête. « C'est juste que vous êtes grand maintenant, les garçons. »

Bill haussa les épaules furtivement avant que sa tête ne tombe sur l'épaule de Tom pour pouvoir regarder sa mère. « On met la bûche ? »

Gordon prit la bûche et la tendit aux jumeaux. Ensemble ils la mirent dans le feu, et comme lorsqu'ils avaient six ans, leurs yeux brillaient en voyant les flammes danser. Bill pinça les côtes de Tom avant que sa tête ne se remette sur son épaule. Le tressé se sentait le plus comblé ainsi. Toute la peur de pré-Noël avait finalement disparu quand Bill était revenu – et son rhume par la même occasion.

Son ventre gargouilla bruyamment.

« J'ai compris le message, » déclara Simone.

Ils s'installèrent à table pour commencer le repas qui allait durer très, vraiment très longtemps. Peut être jusqu'à ce que leurs ventres ne tiennent plus et qu'ils explosent.

Tom se sentait très nerveux, non pas qu'il appréhendait quoique ce soit, il était juste sur les nerfs et avait besoin de bouger. Il avait envie de pleins de choses, il voulait déjà être le lendemain matin pour ouvrir ses petits cadeaux. Il voulait être plus tard dans la nuit pour dormir avec Bill. La chose la plus stressante contre laquelle il ne pouvait résister était d'avoir envie d'embrasser Bill.

Il détourna ses yeux et essaya de ne pas regarder son frère de toute la durée du repas. Ce n'était pas comme si sa mère était compréhensive à ce point.


**


Il faisait très sombre dans la chambre de Tom, il était allongé sur son lit, le ventre plein, près à exploser comme il l'avait si bien prévu. Il avait encore la sensation des bulles de champagne éclater contre son palé. Un de ses bras de glissa sur sa nuque, il soupira pour détendre un peu son ventre.

Il scrutait le plafond sur lequel il voyait des petites lumières apparaître de temps à autre, reflet des illuminations restées allumées exceptionnellement cette nuit. Tom avait tiré son rideau pour laisser entrer le peu de lumière qui pouvait y entrer.

Bill ne venait pas cette nuit, est-ce qu'il ne voulait pas ? Tom l'attendait depuis près d'une heure. Il n'était pas fatigué et ne se sentait pas de fermer les yeux maintenant. Normalement, son frère devait venir, il le faisait toujours. Il s'allongea sur le côté pour regarder par la fenêtre. Il n'y avait rien d'autre à voir que les flocons de neige qui tombaient en masse. Il lui semblait qu'il n'avait pas arrêté de neiger depuis qu'il était en vacances.

N'y tenant plus de rester coucher à ne rien faire, il se leva pour coller son nez à la vitre.

Il leva les yeux et il eut l'impression de perdre pieds en observant les étoiles de neige tomber de là haut. C'était une sensation étrange et plaisante. Sa tête se retrouver dans les nuages gris, ses mains coller contre la paroi froide de la vitre. Une large auréole de buée se formait autour de sa bouche mais il n'y faisait même pas attention trop occupé à regarder la neige.

Quelques minutes passèrent ainsi, Tom ne s'était pas rendu compte que Bill était enfin là. Il s'était mis assis sur le lit, juste derrière lui.

« Tu faisais pareil quand nous étions gosses, » chuchota enfin Bill se mettant sur ses pieds.

Tom fit un petit bond de surprise au son de la voix de son frère mais ne se retourna pas, il ne se décolla pas non plus de la fenêtre. Tout ce qu'il sentit de nouveau fut le torse de son frère se coller au sien, et ses mains manucurées se poser sur les siennes, entrelaçant leurs doigts contre le verre froid.

« Je t'ai apporté mon cadeau. »

« Il fallait attendre demain Bill. »

Bill embrassa derrière l'oreille de Tom. « C'est ridicule comme cadeau. Et puis, nous sommes demain très tôt dans la matinée Tommy. »

Tom eut quelques petits frissons, la voix douce et chaude de Bill projetait sur lui un souffle qui le faisait frémir. Bill lui mordit l'épaule.

« D'accord. » Tom se tourna, ses lèvres étaient à présent à quelques centimètre de celles de Bill. Ses yeux alternaient entre elles et les pupilles sombres de son frère. « Où est-il ? »

« Sur le lit. »

Tom poussa gentiment Bill pour pouvoir passer sans lâcher la main de son petit frère. Est-ce qu'il n'était pas trop possessif à le tenir toujours ainsi près lui ? Il oublia cette pensée, il ne voulait pas s'y attarder ce soir.

« C'est encore un de tes cadeaux inutiles, pas vrai ? » rit Tom. Il avait l'habitude que Bill lui offre un tas de choses qui ne servaient à rien mais qui était souvent très mignonnes.

« Tu vas l'adorer ! » sautilla Bill.

Tom attrapa le paquet, il lui paraissait étrangement mou sous ses doigts. « Tu m'as fait tout un plat de ton cadeau pour ça ? »

Bill fit une moue adorable de petit garçon. « C'est très mignon, tu as intérêt à le garder tout le temps. »

Le papier fut déchiré et Tom secoua la tête. Il tenait dans ses mains une grosse peluche à l'effigie d'un chien. Il était doux et moelleux.

« Comme je sais que tu voulais un chien, je te l'ai acheté. »

« Tu es stupide. » Tom scrutait comme il pouvait dans la pénombre la peluche. « Mais il est trop mignon, comme toi. »

Tom posa le cadeau, qui comme il l'avait prévu était inutile mais lui faisait plaisir malgré tout. Il sourit à Bill et l'enlaça. Il le serra si fort dans ses bras qu'il avait peur de lui casser un os. A travers cette étreinte il prouvait à Bill ce qu'il ne pouvait pas lui dire, ce qu'il n'arrivait pas dire avec des mots.

« Je t'aime Tommy. »

Bientôt, leurs lèvres se rencontrèrent. Tom ne tenait plus. Il avait tellement attendu cet instant qu'il en profita longuement. Ses mains se posèrent de part et d'autre du visage de Bill. Il emprisonna les lèvres de son frère entre les siennes, c'était si bon que très vite il ne pourrait plus s'en passer, jamais. Elles mouvaient ensemble dans une synchronisation parfaite.

Ce baiser était si naturel pour eux, tout l'était du moment que ça venait de l'autre. Et tout ce qui venait de l'autre, chacun le voulait aussi.

Leurs langues s'enroulaient dans un ballet merveilleux. Tom se laissa empoter par la magie du moment, ses genoux fléchirent et il tomba sur le lit, emportant son frère sur lui. Ils s'embrassaient toujours, Tom donnait à Bill tout son amour et bien plus encore. Ses mains passaient dans le cou de son frère, lui infligeant de petites caresses de ses pouces.

Sans vraiment s'en rendre compte, leurs corps commençaient à s'échauffés. Le souffle de Bill cognait agréablement contre son menton et il sentait que l'excitation grimpait rapidement dans la pièce. Le baiser devenait plus fougueux, non moins tendre.

Les mains de Bill caressaient le torse nu et bien sculpté de son frère. Leur virilité se frôlaient à travers leurs boxers, les faisant tous les deux frémir de plaisir.

« Tu m'as manqué Bill. »

En un temps record leurs vêtements, ou plutôt sous vêtements, ils étaient nus sous la couette de Tom, se frottant lascivement l'un contre l'autre dans des ondulations parfaites. Bill prenait appuis sur ses coudes de chaque côté de la tête de Tom, collant sa joue à celle de son jumeau.

Leurs sexes s'érigeaient toujours plus, le sang pulsait toujours plus fort en eux. Tom grognait adorablement dans l'oreille de Bill, s'agrippant à ses haches humides de sueurs. Ils étaient dans un cocon bien à eux, ignoré de tous dont ils préservaient le secret coûte que coûte.

Lentement, leurs virilités se cognaient. Le pénis de Bill cognait délicieusement à l'arrière des bourses de Tom qui se cambra contre Bill faisant frotter son sexe contre le ventre tendu de plaisir de Bill. Il continuait de se frottait, de se donnait du plaisir. L'index de Bill trouva un chemin du cou à l'entrée de Tom. Il le massait tandis que Tom tentait de s'empaler dessus avide de la sensation de sentir son petit frère en lui, de n'importe quelle façon que ce soit.

Bill enfonça la première phalange, puis tout s'enchaîna.

Il avait maintenant trois doigts dans l'intimité de son frère et s'activer à le doigter et titiller sa prostate qui le faisait gémir plus fort. Tom subissait ce plaisir, ses yeux était crisper et s abouche formait une moue indescriptible. Il attrapa un flacon dans sa table de chevet, fit couler du liquide glissant dans sa main avant de l'étaler sur le pénis chaud et humide de son petit frère.

Tom en profitait pour le masturber, il adorait sentir le sexe dur de Bill dans sa main, le sentant perdre la tête sous son touché. Les jumeaux perdaient la tête face aux attouchements mutuels qu'ils se donnaient. D'un commun accord, ils se stoppèrent.

« Prêt ? » souffla intensément Bill dans l'oreille de Tom.

« Toujours. » Il agrippa la nuque de son frère, l'embrassant sans retenu.

Le bout du sexe de Bill entrait doucement dans l'intimité de Tom. Ils gémissaient dans la bouche de l'autre, sans jamais cesser les mouvements de leurs bassins et de leurs bouches.

Bill était enfoncé jusqu'à la garde en son frère. Ils haletaient à cette sensation, leurs fronts collés ensemble, se regardant dans les yeux assombris. Les cils de Tom papillonnaient, il voulait que Bill commence à bouger, il n'en pouvait plus d'attendre. Il ondula doucement son bassin pour le faire comprendre à son frère qui entama presque immédiatement des petits à-coups.

Tom sentait enfin le sexe de son frère en lui et il se dit que c'était peut être le meilleur cadeau de Noël qu'il put avoir cette nuit là.

Les bassins se cognaient sensuellement. Ils poussaient de petits gémissements pour ne pas alerter leurs parents. Toms entait Bill se tendre encore plus en lui, il savait qu'il allait bientôt jouir. Et lui n'en était pas loin non plus. Alors, il poussa plus fort pour que Bill accélère et s'enfonce plus fortement en lui.

Le gland de Bill cogna durement dans le point sensible de Tom qui se cambre et resserra ses muscles. Il jouit ardemment entre leur deux corps. Il compressa délicatement la verge de son frère en lui ondulant toujours son bassin pour qu'il arrive à son paroxysme à son tour. Quelques secondes plus tard, Bill se libéra dans l'intimité de son frère puis s'écroula lamentablement sur lui.

« Joyeux Noël p'tit frère. » Tom caressa les cheveux humides de sueur de Bill et l'embrassa sur le front.

« A toi aussi Tommy. »

Ils s'endormirent ainsi, l'un dans l'autre, l'un sur l'autre sous la lueur des petites lumières du jardin voisin. Avant de fermer les yeux, Tom crut voir un traineau parcourir le ciel. Mais il mit ça sur le compte de l'intense plaisir qu'il venait d'avoir et qui le faisait voir des choses étranges.


Fin.



. : .

Une petite histoire sans histoire.
Joyeuses fêtes !

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Comments :

  • RandomBeauty

    10/03/2012

    C'étais vraiment simpa à lire !! Je me demande encore si il se rendent compte de leur relation extra-fraternelle ou si il en on conscience ? C'était très mignon, j'ai beaucoup aimé !!
    =D

  • xx-GIB-ES-MIR-xx

    14/01/2012

    Coucou,
    je suis tombée par hasard sur ton blog... (je suis fan de twincest !!!!!!!!!!!)
    Je n'ai lu que cet OS là, parce que c'est celui dont le résumé me plaisait le plus. Et je ne suis pas déçue, tu écris très bien. Il y a beaucoup de tendresse et d'amour. On ressent la complicité, le besoin intense de l'autre. Le couple Bill et Tom de cette histoire est attendrissant. J'ai passé un agréable moment de lecture !
    Merci
    Bise
    Laura.

  • Tomi-Popular

    28/12/2010

    Un peu ambiguë la relation Tom/Bill. Mais bon, j'en conclus qu'il fallait que ça se finisse comme ça ! J'aime beaucoup, notamment ton style d'écriture aussi. Franchement agréable à lire, malgré quelques petites fautes d'inattention, mais rien de méchant :)

  • OS-by-Pops

    02/06/2010

    Mais Bill va repartir u_u
    J'esperais qu'on ait une dernière scène ou Bill annoncerait qu'il avait décidé de rester...

    Quoi qu'il en soit, une petite histoire si mignonne c'est très plaisant à lire.

    Et entendre parler (enfin lire) de neige, alors que je suis en train de mourir de chaud sous ma couette c'est génial! *__*

    Xoxo.

    Pops.

  • aimer-a-en-mourir

    09/03/2010

    je terminerai en disant, un simple et significatif merci.

  • aimer-a-en-mourir

    09/03/2010

    je voudrai avoir une personne moi aussi, quelqu'un qui puisse rendre mes instants de vie, inoubliables, quelqu'un à qui me raccrocher, une personne pour qui je donnerai tout, et qui ferait de même. La simple idée de ne former qu'un avec l'autre, avoir une raison de poursuivre cette musique infernale et assourdissante qu'est la vie.
    Une personne qui sache me faire croire en de douces mélodies même si la réalité en est tout autre .

  • aimer-a-en-mourir

    09/03/2010

    cet OS m'a apporté ma dose de rêve et de bonheur
    pour quelques instants
    durant lequel je me perdais dans les méandres
    du rêve et de l'illusion que sont les histoires
    trop fictives, et trop illusoires
    qui peinent le cœur et arrachent un sourire
    sinon heureux, triste ne pas vivre la même
    réalité que les personnages . . .

  • aimer-a-en-mourir

    09/03/2010

    je crois n'avoir jamais lu plus beau réveillon

  • aimer-a-en-mourir

    09/03/2010

    que de magie

  • Immortelle-bill-tom

    24/01/2010

    Han j'ai vraiment adoré cette OS!!
    Tout était douceur et délicatesse. Bill et Tom tellement mignons et attachant.
    Une belle petite histoire de twincest.
    C'était vraiment beau et émouvant.
    Bravo
    Bizou
    -Yuki-

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