Everlasting.










Everlasting.
Le temps d'une vie, et plus.
























Pour certaines personnes le temps s'écoule lentement. Notion abstraite, rendue concrète mais intouchable. Une heure peut paraître une éternité. Le temps est une grande roue qui tourne et ne s'arrête jamais, inlassable. Qui n'a jamais pensé stopper cette roue, juste, pour l'infini. Pour pouvoir voir la déchéance du monde, l'évolution, ou par simple peur de la mort.

*

C'était l'aube, Bill venait de se lever. Autour de lui, le silence. Il soupira, n'ayant fermé l'½il de la nuit, et décida de se lever prendre un petit déjeuner. La cuisine était immense, et un domestique avait déjà préparé des pains au chocolat pour toute la famille. Bill leva les yeux au ciel, c'était si stupide de se faire servir.

« Bonjour Clarisse, » la jeune femme aux cheveux blonds lui sourit et retourna à sa tâche. Bill enfourna directement un pain au chocolat. « Ch'est délichieux ! »

Clarisse ria un peu. « Merci Bill. »

Il hocha la tête puis attrapa du jus de pêche. C'était seulement le début des vacances, il venait à peine de revenir chez lui et il s'ennuyait déjà. (Il faisait ses études à Boston, ses parents habitant une petite ville très chic dans la Caroline du Nord.)

Il lui fallait de l'aventure, que ses vacances bougent. Rien qu'un peu. Son sac fut vite préparé, et il quitta la demeure familiale.

Sa maison ne se dressait plus devant lui, ni même derrière. Il avançait lentement, shootant dans quelques cailloux à l'occasion. Sa vie était calculée à la minute près, à la seconde près lorsqu'il était chez lui. Tout devait toujours être dans les temps, pour que ses parents puisse montrer à leurs amis à quel point leur fils était parfait. Hypocrisie.

Cette forêt était horrible. Pourquoi avait-il emprunté ce chemin. Il soupira encore. « Quelle idée stupide ! »

Ce qu'il ne savait pas c'était que plus il avançait, plus il s'approchait de l'interdit. Ce qui deviendrait une tentation, le plus grande de toute.

« Outch ! » S'exclama Bill, se massant les fesses tandis qu'il tentait de se relever. Il n'avait pas compris comment son postérieur avait heurté la terre.

« Excuse-moi, » un blond, vraiment canon, s'était dit Bill, l'aida à se relever.

C'est ainsi que le destin assembla deux êtres humains totalement différents. (Ou presque.)

« Je n'suis pas habitué à voir des gens dans ce coin, » se justifia le blond. Il vérifia partout autour de lui. « Je m'appelle Tom. »

Bill serra la main que lui tendait Tom. « Bill. »

« Tu ne devrais pas resté là, » continua Tom gentiment, mais fermement.

Le grand brun haussa les sourcils. « Pourquoi ? »

Tom essaya de rester aimable, ça se sentait. « Tu es indiscret. » Il sourit.

Les deux garçons restaient immobiles, ils se fixaient sans raison. Du moins Bill avait une raison. Tom ressemblait juste à son idéal masculin, malgré son look improbable et son petit caractère que Bill savait qu'il refoulait.

« Bien, » Bill coupa le silence, et donc sa contemplation. « Sais-tu où je pourrais m'installer ? Ces bois sont vraiment cool. » Evidemment, il pensait tout le contraire. Mais il espérait. Quoi exactement ? Il n'en avait pas la moindre idée.

Tom se sentait gêné. Il ne savait pas. « Ouais. » Il fit signe de la main à Bill de le suivre.

Il marchait trop. Le soleil était à son zénith, déjà, et le ventre de Bill criait famine. Quand arriverait-il enfin ? Peut être une minute, peut être trente. Une heure. Mais bien sûr, Tom s'en fichait. Ses pas n'était pas pressés, vraiment pas le moins du monde.

« Quand arrive-t-on ? » geignit Bill.

« Un peu de patience, nous avons tout notre temps. »

Les pieds de Bill souffraient. Il voulait juste s'asseoir enfin et boire un putain de soda bien frais. La chaleur, c'était vrai, était écrasante, étouffante. Bill, pour la énième fois, soupira. Son sac pesait lourd lui aussi. Pourquoi avait-il était bête au point de prendre pratiquement toutes ses affaires d'été... Il se maudissait et souffla.

« Arrête de souffler, » s'agaça Tom. « Donnes moi ton sac si tu le souhaite, mais juste arrête. Ça en vaut la peine, vraiment. Tu verras Bill. »

Bill ouvrit grand les yeux. Il donna simplement son sac et murmura un remerciement. Tom acquiesça, d'une manière à rassurer son compagnon de marche.

Le temps. Il avait encore fait tourner sa roue. Il devait être treize heures lorsque Tom annonça qu'ils étaient arrivés.

L'endroit était sublime. Bill admirait la vue. C'était en plein milieu des bois, un lac à l'eau claire, presque turquoise, s'étendait, essayant semblait-il atteindre la ligne d'horizon. Le soleil se reflétait dans l'eau. Bill ferma les yeux, il se sentait déjà moins bougon. Derrière lui, un grand et beau chalet en bois de chêne se dressait. Il était magnifique et à première vue, il paraissait y avoir tout le confort qu'on pourrait souhaiter, et imaginer.

Il sourit.

« Tu sourira encore plus quand on sera entré, » assura Tom poussant déjà la porte.

« Merde, » lâcha Bill par surprise. Oh oui, Bill sourit encore plus.

C'était simple, mais magnifique. Une immense baie vitrée dans le salon donnait une vue imprenable sur le lac. Bill se croyait dans un autre monde. Ici, c'est comme-ci le temps n'existait plus. Il ne sentait presque plus la faim qui lui tiraillait l'estomac. Pourtant, sa grondait dans son ventre.

« Pourquoi m'as-tu emmené ici ? » questionna Bill. « Je suis un inconnu pour toi. »

Bill avait raison. Toute personne sensée n'inviterai pas un inconnu à entrer, voire même, Bill l'espérait, l'inviter à s'installer. C'était juste improbable.

« Un jour, tu n'me poseras plus cette question inutile. » Tom disparut, comme s'il était vexé. Bill l'entendit grimper les marches de l'escalier.

Le reste de la journée se passa tranquillement. Bill apprenait doucement à connaître Tom, et vice et versa.

*


Bill commençait à perdre la notion du temps, était-il là depuis un jour, une semaine, un mois ? Il appréciait Tom de plus en plus, découvrant l'une de ses facettes au fur et à mesure du temps. Depuis le début, surtout lorsqu'il l'avait vu ressortir du lac, les gouttes d'eau glissant sur son magnifique torse, Bill ne cessait de se dire que oui, il se ferait bien Tom.

Bill Kaulitz, dix-huit ans, gay à plein temps.

« Youhou, tu rêves ? » Tom claqua des doigts devant les yeux de Bill. Il avait une serviette autour du cou prêt à sauter dans l'eau.

Bill sourit. « Je rêve de toi mon chou. » Vitesse première, enclenchée.

« C'est ça, » Tom arqua un sourcil. « Est-ce que tu viens avec moi ? »

Bill hocha la tête. Il disparut à l'intérieur de la maison et revint vêtu d'un maillot de bain, une serviette sur l'épaule. Il marcha à côté de Tom, pieds nus sur les galets brulants. « Depuis quand vis-tu ici ? »

Le dreadé tourna la tête vers lui. « Une centaine d'année je suppose, » il sourit. Il lâcha la serviette et courut jusqu'à s'immerger entièrement dans l'eau tiède.

Le jeune homme brun restait sceptique. C'était quoi cette réponse absurde ? Peu importe.

Il sauta sur le dos de Tom et ils chahutèrent pendant toute l'après midi.

Ils aimaient, autant l'un que l'autre, ces moments. Mais ne sa l'avouerai probablement jamais. Timide, ou peut être bien pudique ?

Bill, maintenant, bronzait. Sous ses lunettes, il admirait le corps musclé de Tom, allongé à ses côtés sur les galets. Son ami pouvait-il dire maintenant ? Aucune idée. Et puis, depuis quand était-il là ? Parfois, il se demandait juste si ses parents s'inquiétaient pour lui. Il n'avait pas allumé son portable depuis qu'il était arrivé au chalet.

Peu importe, il s'en fichait. Même s'il essayait de faire abstraction du pincement dans son c½ur à cette simple pensée.

*


« Aujourd'hui, je t'emmène au paradis Bill ! »

Il tira brusquement les rideaux de la chambre de Bill. Ce dernier grogna et balança furieusement un coussin dans la tête de Tom. « Ta gueule, je dors. »

Tom voulait être taquin ce matin. Il sauta sur le lit, s'étalant aisément sur le frêle corps de Bill. « Mmh allez Billou, lève ton petit cul, » il frappa les fesses de Bill pour accentué ses mots.

Bill réagit au quart de tour. Il inversa les positions, se retrouvant au dessus. Il murmura dans l'oreille de Tom. « Tout c'que tu voudras bébé. » Il mordit son lobe et partit dans la salle de bain.

Deuxième vitesse passée.


Une heure plus tard, les deux acolytes marchaient gaiment vers le paradis de Tom. Foutu paradis, pensait Bill. Quand à Tom, il essayait d'oublier ce qui s'était passé ce matin. Même s'il ne pouvait pas jurer que ça ne l'avait pas fait réagir. Il s'efforça de n'pas penser. Il gaspillait son temps, Bill jouait. Pourtant, Tom aimerait tellement le contraire. Que Bill ne joue pas.

Mais peu importe, sans doute.

Tom soupira discrètement et écarta des feuillages. « Nous y voilà, » chuchota-t-il.

Un lagon. Un petit et mignon lagon se tenait, fier, devant les yeux d'un Bill ébahit. Ces bois étaient vraiment très surprenants. Ils descendirent un petit chemin sablé. Bill manqua de tomba plus d'une fois se rattrapant de justesse au bras de Tom.

« Tu m'accompagnes sous la cascade ? » demanda Tom. Il était déjà entrain de se dévêtir. Bill profitait toujours de ces moments où Tom était à demi-nu. Il était passé d'une simple attirance à une naissance de sentiments. Lesquels, il ne savait plus. Ce qu'il savait, néanmoins, c'était qu'il avait envie de goûter Tom, tout de lui. Qu'il aimait sa présence, vraiment trop.

Encore une baignade où Bill profiterai du corps de Tom sans paraître suspect. Il se frottait à lui, s'accrochait à son cou. Il enroula ses jambes autour de la taille de Tom et le regarda droit dans les yeux. Bill essayait de dissimuler ses envies, ses ressentis.

Mais Tom en revanche...

Le blond avait cette envie, une pulsion contre laquelle il ne pouvait résister.

Il cogna les lèvres de Bill les siennes. Une simple pression, mais ça le soulagea d'un poids. « Putain, » souffla-t-il. Il essaya de dégager Bill, il aller le haïr. Mais celui-ci était accroché à lui comme un singe. L'un de ceux qu'on ne peu décrocher.

Il lécha ses lèvres. « Encore, » quémanda-t-il.

Troisième vitesse passée.

*



« T'es qu'un putain d'égoïste Bill ! » Tom lâcha sa fourchette dans son assiette, quelques petits pois tombèrent sur le carrelage.

Bill baissa les yeux. « Je n'veux juste pas les voir. »

Tom soupira. Il tendit l'objet à Bill et lui ordonna, ouais, de l'allumer. « Si tu ne veux pas les voir, envoies au moins un message, signe de vie. »

Le brun répondit vaguement et partit de table. Est-ce que Tom pouvait comprendre qu'il voulait les faire réagir ? Ou il ne savait pas trop ce qu'il voulait faire, juste, peut être, attirer un peu l'attention de ses géniteurs. Celle qu'il n'avait jamais eue, du moins, excepté lorsqu'il était présenté comme un trophée lors des réceptions chics.

« Tu sais, » Bill sursauta tandis que Tom s'installait à côté de lui sur le sofa. « Je donnerai ma liberté, mon éternité, pour revoir mes parents. »

Le dreadé baissa les yeux. Oui, il avait fait une bêtise, mais il ne savait pas à l'époque.

Le blond attrapa Bill et le glissa dans ses bras. Il chuchota dans ses cheveux. « Fais le pour moi, Billou. »

« D'accord. » Il déposa un léger baisé sur la joue de Tom. Il n'avait pas osé sur les lèvres. Même s'il en crevait d'envie. Il se leva et monta dans sa chambre. Il tira les rideaux se plongeant dans le noir.

Le petit écran de son portable s'alluma. Il l'observa et vit près d'une cinquantaine d'appels en absence venant principalement de sa mère. Il inspira. Il était temps qu'il donne des nouvelles.

Message envoyé.

Son corps était comme engloutit sous la couette, dans le matelas. Il attendait l'accusé de réception du texto qu'il venait d'envoyer. Ses mains tremblaient, ce n'était vraiment pas une bonne idée. Depuis quand écoutait-il ce que les personnes lui disait ?

Il ferma les yeux en sentant son portable vibrer dans sa main et supprima l'accusé. Il posa l'objet sur la table de nuit à côté.

Des coups furent frappés à la porte quelques instants plus tard. « Mmh, entre. » Sa voix était basse. Le spleen.

Tom souleva la couette et admira, sans le vouloir, les grands yeux en amandes de Bill. Ils étaient brillants, perdus. Tom n'avait jamais vu, en un mois (peut être moins, peut être plus) Bill ainsi. « Il faut que je t'avoue un truc important Bill. »

Bill se décala dans le lit et Tom le rejoignit.

Le blond attrapa la main de Bill. « Je te préviens, laisse moi finir, même si tu n'me crois pas et que tout te semble incohérent, irréel. Tu sauras tout ce que tu veux à la fin. »

Bill acquiesça, passant un accord à demi tacite. Il sentit ses doigts être resserrés par la main douce de Tom. Bill appréciait ces petits contacts avec lui. Il profitait, même si son estomac se tordait d'appréhension.

« Tu te souviens de la première fois où nous nous sommes rencontré ? » Bill hocha la tête. Il ne savait pas où Tom voulait en venir. « En vérité, je n'ai pas dix-huit ans Bill mais plus de cent ans. »

Il y eut un blanc, un silence plein d'incompréhension. Bill ouvrit la bouche, et la referma. C'était quoi cette blague ?

« De l'eau sors de cette arbre que tu as vu. Je ne mourrais jamais. Je ne vieillirais jamais non plus. Il s'est passé quelque chose lorsque j'ai bu à la source pour la première fois. Cette eau a le pouvoir de rendre immortel Bill. Elle te fige à l'instant où tu es, si tu en buvais maintenant, tu aurais 18 ans jusqu'à la fin du monde. Tu resterais tel que tu es maintenant. »

Bill avait les yeux écarquillés, il était déconcerté. « Je ne comprends pas Tom. C'est si improbable. »

« Regarde. » Tom ouvrit la fenêtre de Bill et s'assit sur le rebord. Que faisait Tom ? Bill ne comprenait pas, il avait un étrange comportement. « Tu sais, il y a une deuxième chose important que tu dois savoir. » Il tourna le visage vers l'extérieur. « Je t'aime, » dit-il en sautant du deuxième étage.

Bill crut mourir sur place. « Merde, merde, merde. » Il angoissait. Il se leva d'un bond, regarda en bas, sur le sol ne restait plus qu'une grosse trace d'un corps tombé comme une masse. Pourquoi avait-il sauté ? Bordel. Il avait voulu mourir alors.

Les yeux de Bill piquèrent. Sa faute.

Une minute. Puis deux.

« Tu me crois maintenant ? » murmura Tom.

Bill sursauta. Il était là, débout dans l'embrassure de la porte. Pas une égratignure n'apparaissait sur ses bras, ses jambes. Rien.

« Pourquoi tu pleures Billou ? »

Bill courut dans ses bras. « C'est ma faute... »

« De quoi parles-tu Billou ? »

« Tu as voulu mourir par ma faute. Mais, tu sais, je t'aime aussi Tom. » Il déposa un léger baisé sur ses lèvres chaude. « Comment as-tu fais ça ? »

Bill était terre à terre. Il avait raison certainement. « Je te l'ai dis mon Bill, je suis immortel. » Il passa l'une de ses mains dans les cheveux de Bill. « Rien ne peut m'arriver. » Il souffla sur les lèvres de son homologue. « Love you, honey. »

Ils s'embrassèrent. Langoureusement, passionnément, amoureusement. Les mains du blond glissaient sur le fin corps de Bill. Avide de son goût, de ses courbes. Ils se détachèrent. Bill pleurait toujours, sous le choc et de joie, et humait l'odeur de Tom dans le creux de sa clavicule.

Quatrième vitesse enclenchée.

*


Bill s'accroupit devant ce creux, il était plein d'eau. C'était donc ça. Il plongea sa main à l'intérieur. « Je n'arrive toujours pas à y croire tu sais. »

Tom s'approcha derrière Bill qui se relevait. « C'est la vérité pourtant. »

« Je sais bébé. » Il en avait eu la preuve, Tom l'avait même renouveler pour être certain que Bill le croit.

Tom hésitait, mais il fallait qu'il lui dise. Il le fallait pour le bien de Bill. « Il faut que je te dise autre chose Bill. Promets-moi d'y réfléchir. »

« Comme tu voudras. »

« Avant de boire cette eau, il faut que tu regardes. Regarde autour de toi, les arbres, les oiseaux, les insectes. » Tom débuta. « Tout cela fait partie de la roue du temps. Tout évolue, tout change, comme toi Bill. Tu ne cesses de grandir et d'apprendre des choses. Tu es passé par plusieurs stades, tu étais un enfant puis un adolescent et bientôt tu seras un adulte. Tu auras surement des enfants et puis un jour, tu vas disparaître. » Le blond dut s'arrêter. C'était si difficile de prononcer ces mots décisifs. Mais l'inverse serait égoïste de sa part.

Il poursuivit. « Comme s'éteint la flamme d'une bougie, » s'étrangla-t-il. « Et tu prendras le chemin d'une autre vie, d'une vie nouvelle... Mais à côté de ça, je suis là, ma vie n'est pas une vie. Je suis là comme une pierre inerte attendant que ça se passe. Ce que je sais c'est que les gens sont prêts à tout pour être éternel. Ils feraient n'importe quoi pour échapper à la mort. »

Bill ne comprenait pas où Tom voulait en venir. Il fronça les sourcils.

« Ce que je veux dire. Est-ce que tu aimerais que le temps se fige sur toi tel que tu es là, maintenant et pour toujours ? »

« Je n'veux plus être séparé de toi, » il tritura ses doigts. « Je ne veux pas mourir, » dit-il dans des paroles presque inaudibles.

Tom attrapa les mains de Bill. « Réfléchis à ce que je viens de te dire, d'accord ? » Le brun hocha la tête.


*



« Tom, je vais te tuer ! » S'écria Bill se relevant de sa serviette. Ses cheveux si bien lissés étaient maintenant trempés.

Tom riait aux éclats. « Tu verrais ta tête Billou, » et il rit de nouveau. Plus fort.

« Je te déteste Tom, » bougonna le brun. Il s'assit sur sa serviette et commença à bouder. C'était digne d'un enfant de cinq ans, mais Bill s'en fichait. Il ne parlerait plus à Tom. Il avait gâché son brushing.

« Ma puce, tu fais la boude ? » chuchota Tom dans l'oreille de son bien aimé.

« Tu viens d'aggraver ton cas, chéri. » Il insista sur le dernier mot, ironie. Le brun se releva, se baissant exagérément, son petit cul bien tendu. Il plia sa serviette et partit vers la maison, le menton relevé et dandinant ses fesses.

« Fuck, » souffla Tom. Son sexe en avait envie. Oui, il en crevait d'envie de prendre Bill. Lui faire l'amour. Il resta encore quelques secondes assis à fixer la vitre par laquelle Bill était entrée. Tant pis.

Il courut vers le salon. Bill passait une brosse dans ses cheveux. Il lui retira des mains, souleva Bill comme un sac sur son épaule et gambada en riant dans les escaliers.

« Aaargh, qu'est-ce que tu fous Tomi ? » Bill balançait ses jambes et frappait doucement le postérieur de Tom.

Il ouvrit la porte de sa chambre, et posa Bill sur le lit, s'allongeant sur lit et enfouit son nez dans son cou. « J'ai envie de toi ma puce. »

Le souffle de Bill se coupa. Son ventre se tordit aux mots de Tom. Oui, il avait rêvé de ces mots, envie de ces mots.

« Embrasse-moi, stupid boy. »

Les lèvres s'emprisonnèrent, leurs langues se mêlèrent. Ils voulaient aller doucement, dans la tendresse. Leurs muscles se caressaient, tournoyaient ensemble. Une osmose. Ils se frottaient l'un à l'autre. C'était bon. Terriblement. Leurs sexes commençaient à chauffer et durcir. Alors que la bouche de Tom dévia dans le cou de Bill qui gémit légèrement. Il soupira de bien être. Il adorait ça.

Ses mains grattaient gentiment le dos musclé de Tom et descendirent jusqu'à l'élastique du short de bain de ce dernier.

Il joua avec. Il tira dessus doucement, continuant à profiter des sucions de Tom dans son cou, et passa finalement ses mains sous le vêtement.

« Putain Bill, tu me rends fou. » Bill passait ses doigts entre les fesses de Tom.

Le blond mordit le cou de Bill et descendit le long de son corps. Sa langue laissant une trace jusqu'à l'élastique du seul vêtement de son amant. Il tira dessus avec ses dents, le laissant à mi cuisse du brun. Le sexe de Bill était rosi et dressé. Une vue superbe.

Tom se lécha les lèvres. Il passa sa langue sur l'aine de Bill, titillant ses testicules avec ses doigts. Bill ferma les yeux et ses cambras. « Plus Tom, encore plus. »

Le blond attrapa la queue de Bill dans sa main et la serra un peu avant de commencer des gestes lents, le long de la verge. Le brun ferma les yeux. C'était meilleur que lorsqu'il le faisait lui-même. Meilleur que d'autres mains encore. C'était Tom, le meilleur.

Putain, le blond avait tellement envie de Bill, tellement. Il devait le goûter. Il passa sa langue sur le pénis de Bill, sa main continuant ses allés-et-venus. Il engloba le haut de son sexe et calqua les gestes de ses mains avec celui de sa bouche.

Bill croyait devenir fou. Il durcit un peu plus, gémissait. Surtout quand il sentit un doigt de Tom s'introduire en lui. Oh oui, il aimait se faire prendre. Il adorait ça.

Ce petit manège continua encore un peu. Le dreadé se délectant du goût délicat du sexe de Bill. Puis il se releva. Il se mit au pied du lit, tira sur la ficelle de son short et le laissa tomber. Il admirait Bill, nu, les jambes écartées avec obscénité. Aguicheur, suçant son doigt en regardant Tom droit dans les yeux, puis louchant sur son sexe.

Le blond ne tenait plus. Bill pourrait le faire sur lui.

« Suce-moi Bill. » Il s'approcha au bord du lit et écarta les jambes, laissant son sexe fièrement dressé à la vue de Bill.

Le brun se mit à quatre pattes et s'avança félinement vers Tom. Sa tête face à la queue de Tom, il sorti sa langue, lécha le bas du ventre du dreadé.

« Billou, merde. » Tom frottait son sexe sous le menton de Bill. Il respirait fort. Les yeux fermés.

Bill semblait miauler. La queue de Tom cognant contre sa pomme d'Adam, frottant sous son menton, contre sa joue. Tom laissait des traces humides sur le visage de Bill, et ce dernier aimait ça.

Il sentait enfin l'humidité de la bouche de Bill autour de son membre. Il gémit doucement, mais assez fort pour que Bill puisse l'entendre et accélérer. Sa main appuyait gentiment sur le cuir chevelu de Bill. Ses jambes ne tiendraient plus longtemps. La langue de Bill tournait, c'était une petite tornade, plus qu'agréable, autour du pénis de Tom, causant de grand dommage dans l'esprit du blond : il devenait dingue.

« Je te veux ma puce. »

Bill s'arrêta dans sa fellation. Embrassa le ventre de Bill, puis, il retourna à sa position initiale. « Alors viens bébé. »

Le dreadé n'attendit pas une seconde, Il écarta un peu plus les jambes de son amant. Il l'admirait, Bill était gêné mais ne s'en formalisa pas. Tom passa sa main, appuyant, sur les parties de Bill. Le brun gémit fortement. Ses doigts caressèrent puis appuyèrent sur l'antre de l'androgyne, purement sexy.

Tom plaça son gland près du trou de Bill. Il s'aida de sa main et poussa fort en lui. C'était bon. Ils appréciaient, plus que tout. Oui, ils aimaient tous les deux le sexe. Mais faire l'amour avec celui qu'on aime, c'était bien plus fort encore.

Tom faisait de langoureux vas-et-viens. Caressant le torse de son partenaire. Il aimait le corps de Bill. « T'es si bonne ma puce. »

« Han, » gémit Bill. « Plus fort. »

Tom accéléra, encore et encore. Il poussait fort, faisait attention à ne pas blesser le corps fin et bien fait du brun. Il leva les jambes de Bill et tapa directement dans sa prostate. Bill cria, sans retenue. Les coups de reins étaient plus forts, plus bestiaux, plus rapides. Mais pas moins amoureux.

Bill gesticulait. Son corps faisait des ondulations, aidant Tom à s'enfoncer en lui.

Paroxysme atteint. Cinquième vitesse, accélération.

Ils se libérèrent à quelques secondes d'intervalles. Les joues rougies, haletants.

« Je t'aime, pour l'éternité mon ange, » souffla Tom.

« A jamais toi. »

Bill colla son corps nu et suant à celui de Tom. Et ils s'endormirent, blottis dans les bras de l'autre.


*



L'été était presque finit. Deux mois que les deux hommes étaient ensemble. Ils étaient dans leur bulle. Bill avait complètement oublié son portable. Il profitait de ce bonheur estival, à plein temps.

C'était le premier jour de la dernière semaine. Il nettoyait la chambre que Tom lui avait gentiment prêtée, même si cela faisait bien un mois qu'il n'y dormait plus. Il s'accroupit et ramassa ce qui se trouvait sous son lit. Il retrouva son portable.

Il lut les messages. Un en particulier retenait son attention. Il venait de son père.

« Je te retrouverai mon fils. J'espère que tu as bien profité de ces vacances car la personne avec qui tu es sera bientôt en prison. Et crois moi je ferai tout pour, fils. Tu le sais. Ton père. »

Son c½ur battait. C'était impossible. Il l'avait reçu il y a bien cinq jours. Son père (et les hautes relations qu'il pouvait avoir) allait bientôt le retrouver. Il en était persuadé.

Il ne put de retenir. « Tom, » cria-t-il. Décidément, plus il lisait, plus il ne comprenait pas.

« Qu'est-ce qu'il y a Bill ? » Il lui tendit le portable et Tom lut. « Il ne peut pas faire ça. »

« Bien sûr. C'est un Kaulitz. » Bill faisait les cent pas. Il n'avait pas le choix, certain.

Tom ne savait plus quoi faire. Il voulait garder Bill pour lui. Pour toujours. Son putain de père n'avait-il aucun c½ur ? Il était stupide. Mais il ne pouvait plus rester là. Oui, il avait peur de ce qui pouvait arriver. Tom devait disparaître quelques temps.

« Comment sait-il que tu n'es pas seul ? » Tom tilta.

Bill baissa la tête. « C'était dans le message... Foutue erreur ! »

« Je vais partir Bill. Demain. » Il baissa les yeux et se pinça les lèvres. « Pour ton bien comme le mien. »

Il serra son Bill dans ses bras, et respira fort son odeur. Ils allaient se manquer.


*



Le lendemain, le soleil se couchait sur le lac. C'était merveilleux.

Bill pleurait, Tom se retenait comme il le pouvait. Ils avaient tous les deux leurs bagages. Ils partiraient chacun de leur côté.

« Ecoute moi ma puce. » Tom plaça ses mains de part et d'autre du visage de Bill. « Tu vas aller à la source, et boire l'eau. Chaque matin, à l'aube, tu iras. C'est là que je te retrouverai quand tout sera calmé. »

Une larme roula le long de la joue de Tom.

Ils s'embrassèrent. Longtemps. Prolongeant le baisé, autant qu'il le pouvait. Se goûtant, caressant chaque partie du corps de son partenaire. Comment un amour d'été pouvait-il se muter en un amour passionnel, éternel ?

« Il faut y aller, » murmura Tom.

Ils se séparèrent. Bill sanglota. « Chaque matin bébé. Toujours. »

Tom déposa ses lèvres sur celles de Bill. « Je t'aimerai jusqu'à la fin de mes jours, jusqu'à la nuit des temps Bill Kaulitz, mon amour. »

Leurs doigts se lâchèrent. Bill courut. S'il ne le faisait pas, il ne le ferait jamais. Et s'il allait avec Tom ? Impossible. Ce serait pire pour eux à cause de son putain de père. Les larmes coulaient à flot. Il els essuya rageusement. Il haïssait son père.

Il arrêterait ses études à Boston pour pouvoir aller à la source chaque matin, attendant Tom.

La source. Elle était là. Bill stoppa sa course. Il s'assit devant, jouait avec l'eau. Il se remémora tout son été auprès de Tom. La nostalgie, le spleen, le tristesse, tout se mêlait dans sa tête. Il se rappelait de sa conversation avec son amour.

Il plongea sa main dans l'eau froide.


*



Et chaque été, le même rituel que cet été là. Mais chaque nouvel été, quelque chose clochait.Mais peut importait aux amoureux éternels. Ils se prouvaient leur amour, nichant dans leur cocon le temps de soixante jours.

Le père de Bill n'acceptait toujours pas que son fils face ceci. Mais il avait atteint ses vingt-et-un ans révolus. Il n'avait désormais plus aucun pouvoir.

« A l'année prochaine mon amour, » souffla Tom sur les lèvres de Bill. Ses cheveux étaient maintenant tressés et noirs. Noir pour Bill. Noir pour avoir l'impression d'avoir une partir de Bill, constamment sur lui.

« Comme je t'aime Tom, oh oui je t'aime. »

Un baisé langoureux d'au revoir. Jamais d'adieu.


*



Pour certaines personnes le temps s'écoule lentement. Notion abstraite, rendue concrète mais intouchable. Une heure peut paraître une éternité. Le temps est une grande roue qui tourne et ne s'arrête jamais, inlassable. Qui n'a jamais pensé stopper cette roue, juste, pour l'infini. Pour pouvoir voir la déchéance du monde, l'évolution, ou par simple peur de la mort.

Tom était revenu l'été suivant. Il avait, à présent, une moto, il fit crisser les pneus sur l'herbe. C'était l'aube, un joli matin de juillet. Il descendit rapidement du bicycle. Une fois arrivé, il se prépara à sentir Bill lui sauter dessus. Néanmoins, ce qu'il vit n'était pas vraiment ce qu'il attendait. Un par terre de fleur menant à une pierre tombale sur laquelle était inscrit :

In loving memory
Bill Kaulitz Trümper
A young angel.
1989 – 2020



Il tomba à genoux devant la pierre et son c½ur se serra, ses larmes coulèrent une fois de plus. Son Bill, sa puce. Comment ? Il était jeune et en bonne santé pourtant. Il ne le verrait plus jamais. Il n'avait pas bu, alors ? Tom n'avait jamais demandé, il pensait que c'était naturel que Bill l'ait fait. Il se maudit.

Il se pinça les lèvres, ses doigts caressant les inscriptions sur la pierre. Il déposa un baisé sur la pierre. Il voulait, maintenant plus que jamais, mourir. Il voulait crever sur place et rejoindre son ange.

« Je t'aime mon amour, jamais mon c½ur ne cessera de t'aimer, » chuchota-t-il, sanglotant.

Il se passa en boucle les moments passés avec lui, voyant les images défiler, les étés. Il ne lui restait à présent que son souvenir gravé dans son c½ur, et dans sa mémoire. Le parfum de ses lettres, la rondeur de ses mots d'amour. Il ne lui restait que des souvenirs. Mais jamais au grand jamais, il ne pourra l'oublier lui son amour et jamais il ne cessera de l'aimer. Jusqu'à la fin de ses jours il l'aimera.

Et même si ces jours ne finiront jamais...





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Un autre registre .

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Comments :

  • new-emo-tiion

    07/02/2013

    Je l'avais deja lu il y a quelques annees, et c'est toujours un plaisir de le relire. Et c'est toujours que je pleurs a la fin, tu decris tellement bien les sentiments...

  • RandomBeauty

    10/03/2012

    Waou !! Décidemment je ne m'attendais pas à une telle fin !! J'ai bien aimé sinon malgré cette triste chute... Ma fois c'est la vie, et ils ont eu l'occasion de s'aimer pendant un moment...
    Je suis très guimauve donc ca m'a choqué mais bon tu l'as merveilleusement bien écrit donc tout passe comme une lettre à la poste ;)

  • MyLuxuriousNightmare

    27/02/2012

    J'aime cette histoire.J'étais heureuse et triste en même temps...Ca m'a un peu dégoûtée que Bill soit mort...Et qu'il soit séparé de Tom...

  • xOutLoud

    01/11/2010

    Je n'ai pas tout compris je crois, ils se revoient seulement à chaque été ? Mais pourquoi ? Le père de Tom, pourquoi veut il mettre en prison la personne avec qui Bill est ?

    « Pourquoi m'as-tu emmené ici ? » questionna Bill. « Je suis un inconnu pour toi. »

    Bill avait raison. Toute personne sensée n'inviterai pas un inconnu à entrer, voire même, Bill l'espérait, l'inviter à s'installer. C'était juste improbable.

    « Un jour, tu n'me poseras plus cette question inutile. »

    Je n'ai pas compris ce passage non plus. Je me sens bête là =/

  • x-komm-in-mein-zimmer-x

    23/10/2010

    J'ai pas encore fini cet OS, je me suis arrêté à: " Le Spleen "

    JE LE SAVAIIIIS !!!
    Quand au tout début tu as parlé du Temps, ça m'a fait tilt dans ma tête: Le Voyage, Baudelaire.

    Et avec "Le Spleen" j'en ai la preuve !

    Tu as raison, c'est un très grand poète, ses poèmes sont magnifique.
    Et dans Le Voyage, la partie sur le Temps est tout simplement sublime et tellement vraie !

    Bon je vais continué à lire :)

    Bizouxx partout !! ♥
    Chiinou Liebena_

  • Happiness-Sorrow

    19/09/2010

    La fin ma brisé le coeur... Trop beau !

  • OS-by-Pops

    02/06/2010

    Tout le long de ma lecture, je trouvais ça génial, et la fin m'a juste retourné le bide...
    Je pense que c'est la pire chose qui pouvait arriver à Tom... Ne jamais s'arrêter de vivre, et n'avoir plus que des souvenirs d'un amour perdu T__T

    Mais j'm'imagine une autre fin, ou Bill aurait fait semblant de mourir pour échapper à son père, et où Tom et Bill se retrouveraient pour enfin vivre heureux, pour le reste de l'éternité...

    Xoxo.

    Pops.

  • meilleursennemisth

    08/05/2010

    Très triste cette histoire
    Mon Billou qui meurt
    J'ai les larmes aux yeux
    Je m'attendait pas
    Bravo...

  • Best-Drarry

    11/01/2010

    J'avoue ne pas avoir tout compris, ou plutôt refuser de comprendre. Pourquoi Bill n'a pas bu à la source ? Et comment Tom n'aurait-il pas vu que Bill vieillissait puisque, si j'ai bien, compris, Bill avait maintenant 31 ans ? Ou alors ils ne se voyaient plus ? *moue d'incompréhension* Malgré ça j'ai quand même aimé, surtout cette bulle intemporelle que tu as créé et la fin fatale.

  • Immortelle-bill-tom

    30/12/2009

    tes Os sont vraiment géniaux, et c'est que le deuxième que je lit. J'avoue avoir versé une petite larmes à la fin. Encore une fois magnique en tout point.

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